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Marouane Chamakh - L'interview de Matt Lawton

Le rôle qu'a joué mon idole Laurent Blanc pour faciliter mon transfert à Arsenal.

Marouane Chamakh possède certains talents insoupçonnés pour un footballeur professionnel. Il est à l'aise dans la lecture de tableurs, ce qui relève plus des compétences d'un mathématicien et il revendique même être doué comme serveur. Cela lui arrive encore parfois de travailler comme serveur, quand il rentre chez lui en France et qu'il travaille dans le salon de thé de son frère.

"Quand je jouais à Bordeaux, je revenais tout le temps" dit-il. "J'aime côtoyer mon environnement familial, et j'aime dépanner mon petit frère, Yassin, dès que je le peux. Ce sont de bons moments."

Marouane (droite) et son frère Yassin

Il peux aussi facilement être dans l'arrière boutique, à s'occuper de la comptabilité de son frère. Chamakh a travaillé dur à l'école pour obtenir son bac en comptabilité, avant de se concentrer uniquement sur le football.

"Je suis bon en tableur" dit-il. "Les mathématiques, la comptabilité; c'étaient des choses naturelles pour moi. Je trouvais la comptabilité intéressante, probablement parce que j'étais bon en maths. C'était une de ces matières que je n'avais pas besoin de beaucoup pratiquer car je retenais ce qu'on faisait en classe."

Dans sa première grande interview depuis son arrivée à Arsenal cet été, les raisons pour lesquelles Arsène Wenger a fait signé le joueur de 26 ans en provenance de Bordeaux sont rapidement devenues évidentes.

Avant toute chose c'est un attaquant talentueux, comme il n'a pas tardé à le démontrer en un rien de temps à l'Emirates avec 3 buts. Mais Wenger accorde énormément d'importance au caractère et à la personnalité d'un joueur, et c'est un plaisir de travailler avec quelqu'un comme Marouane en comparaison avec quelqu'un d'aussi turbulent qu'Emmanuel Adebayor.

Depuis son enfance Chamakh était programmé pour réussir. Dans son premier club, près de sa ville natale d'Aiguillon, l'entraineur de l'équipe des jeunes le surnommait "Mr George" en référence à "George Weah car j'avais l'habitude de marquer 4 ou 5 buts  à chaque match" déclare t'il.

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Mais Chamakh est issu d'une modeste famille Marocaine et il a su garder la tête sur les épaules.

"J'accordais beaucoup d'importance à mes études car je ne voulais pas les négliger au profit du foot" dit-il, ayant choisi de parler Français et de disposer de l'aide d'un traducteur même si il comprenait clairement les questions que je lui posais au centre d'entrainement d'Arsenal.

"J'ai obtenus mes examens, eu des bons résultats et eu mon Baccalauréat, donc je savais que j'avais quelquechose sur quoi me reposer. Ce n'est qu'une fois que j'ai eu ce diplôme à mon actif, que je me suis concentré pleinement sur mon football. Mes parents m'ont encouragé également (à obtenir mon diplôme), mais je me rendais compte moi même que je devais avoir quelque chose sur quoi me reposer si les choses ne se passaient pas comme prévu en tant que joueur."

Son talent vient de son père, qui a failli poursuivre une carrière de footballeur - il jouait dans une équipe à Casablanca - avant de partir pour la France pour disposer d'un travail plus sûr en tant que tailleur de pierre. Sa mère l'a rejoint une année plus tard, Marouane naissant 4 ans plus tard.

"Depuis tout petit, c'était le foot qui me plaisait le plus" dit-il. "A l'âge de 7 ou 8 ans, j'ai rejoint mon premier club de foot et c'était déjà comme ça. J'aimais les autres sports, mais reéllement juste le foot comptait pour moi."

A l'âge de 16 ans, le plus grand club de la région le contacte, les Girondins de Bordeaux, il savait que cela avait été le club de Zinedine Zidane avant que le meilleur joueur Français ne soit transféré à la Juventus de Turin. Chamakh commençe alors à avoir de plus grandes ambitions.

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En moins de 3 ans, il a pu représenter la France avec les -19 en compagnie de joueurs comme les ex-stars de Liverpool Anthony Le Tallec et Florent Sinama Pongolle.  Cependant, au cours de la même année, il reçu un appel du Maroc pour représenter leur équipe nationale, ce fut un choix du coeur.

"Avant que j'arrive ici à Londres, j'ai vécu toute ma vie en France,"  raconte-t-il. "Quand le Maroc m'a contacté, cela a vraiment été un choix difficile. J'avais entre 18 et 19 ans, il fallait vraiment que cela soit un choix réfléchi, puis finalement j'ai choisi le Maroc et c'est quelquechose que je n'ai pas regretté."

Il n'a jamais regretté d'aller à Bordeaux non plus, parce que cela lui a donné l'occasion de travailler avec celui qu'il considère comme ayant eu la plus grosse influence sur lui.

Chamakh, capitaine du Maroc

Chamakh idolâtre Laurent Blanc. Il parle du but en or, que son héros a marqué contre le Paraguay pendant la Coupe du Monde 1998.

"Je m'en souviens parfaitement,"  dit-il avec un enthousiasme enfantin avant de se rappeler que Blanc embrassait le crâne chauve de Brathez avant chaque match. "C'était un but incroyable."

"Quand j'ai enfin eu l'occasion de travailler avec lui à Bordeaux, c'était génial. Il a été le quatrième entraineur que j'ai connu au cours de cette période là-bas, et il a été celui qui m'a vraiment poussé à m'améliorer. J'ai vécu avec lui 3 magnifiques années et je pense que c'est grâce à lui que j'ai fait des gros progrès."

"J'ai appris des choses de tous les entraineurs que j'ai connus, même quand j'étais gamin. J'ai me suis toujours assuré de les écouter et de les respecter. Je me souviens de pleins de petits conseils tout au long de mon parcours, on peut donc dire que chaque entraîneur a eu son influence sur moi. Ils ont tous joué un rôle dans mon développement."

"Mais en Laurent Blanc, j'ai pu trouver le coach dont j'avais besoin à ce stade de ma carrière. J'avais besoin d'un personnage et d'un entraineur qui aurait pu m'aider à franchir un palier. Il faut reconnaître que si je suis actuellement un joueur d'Arsenal c'est grâce à ses conseils et son expérience en tant que joueur."

Il semble que les talents de Chamakh en maths aient servi à quelquechose pour assimiler le conseil qu'il a reçu de Blanc.

"Il m'a dit que les chiffres sont important pour un attaquant," dit-il. "Il pensait qu'auparavant j'avais été trop généreux envers mes coéquipiers, et a souligné que pour un attaquant c'est important d'être sur le tableau de score en plus de faire des  passes décisives."

"Il m'a dit que c'est sur quoi je serai jugé, et je me suis fait à l'idée que je pouvais marquer."

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Durant tout ce temps, il avait un oeil sur Arsenal. Pour beaucoup de jeunes joueurs en France, Arsenal est un rêve. La chance de jouer pour Arsène Wenger en ligue des champions ainsi que la Barclays Premier League. La chance de suivre la même destinée qu'Henry, Vieira, Petit et Pires.

"Dennis Bergkamp était probablement mon préféré,"  déclare Chamakh. "Je suis Arsenal depuis que j'ai 12/13 ans. Bordeaux était mon équipe, mais Arsenal était mon équipe dans le reste du monde, à cause du manager je suppose. Cela a toujours été un rêve de venir ici un jour."

"J'adorais Bergkamp. J'admirais toute l'équipe, mais Bergkamp était un super joueur. De grande classe. J'aimais son style de jeu mais j'adorais la façon qu'il avait de marquer, également. Est-ce que vous vous souvenez de ce but contre l'Argentine pendant la coupe du monde 1998 ? C'était le but de l'année !"  Chamakh avait alors 14 ans et regardait la compétition à la télévision, et au même titre que Blanc et Bergkamp, il y en avait un autre.

"Zidane," dit-il. "J'ai toujours aimé sa manière de jouer, mais j'aime aussi l'homme qu'il est en dehors des terrains, très humble. J'ai eu la chance de le rencontrer quand j'étais à Bordeaux. Il revenait au club lors d'événements spéciaux; matchs amicaux, les choses comme ça. Et il était exactement comme je le pensais."

"Il a une telle aura. Il a toujours été ma source d'inspiration pour réussir dans le foot. Ce sont des exemples comme lui qui m'ont motivé pour m'améliorer et faire de gros efforts."

Mais c'est Wenger qu'il l'a attiré à Arsenal. Ce manager Français qui a réuni des équipes gagnant des trophées avec style et imagination.

"Cela a été le facteur déterminant qui m'a attiré vers le club," dit-il.

"Le manager et les joueurs aussi. L'occasion de joueur avec les joueurs Français et des joueurs comme Van Persie, Fabregas."

"Ils m'ont tous superbement accueillis, l'ambiance est très bonne et le foot l'est aussi. Je sens que l'on peut vraiment gagner ensemble."

Alors pourquoi n'est-il pas arrivé plus tôt ? Pourquoi n'est-il pas venu en Angleterre quand Wenger, et d'autres clubs de Premier League, se sont manifestés ?

"C'était un peu compliqué avec Bordeaux," dit-il.

Lors de son dernier match à Chaban Delmas

"Avant l'Angleterre, j'étais supposé rejoindre Lyon, avec Gerard Houllier, en 2005. J'étais impatient car je savais que Houllier avait fait du bon travail à Liverpool. Mais Bordeaux ne voulait pas me laisser partir."

"C'est devenu compliqué pour mon transfert en Angleterre aussi, et j'ai fini par ne pas renouveler mon contrat afin de pouvoir partir."

"Je n'aurai jamais eu l'accord de Bordeaux sinon, je suppose qu'ils voulaient trop d'argent pour me libérer."

"Même avec juste un an restant sur mon contrat, on n'a pas réussi à trouver un accord pour que je puisse quitter le club. Je devais être libre de tout contrat pour pouvoir partir, ou je serai toujours là bas à l'heure actuelle."  Cela ne lui a pourtant pas laissé un goût amer.

"J'ai des sentiments partagés à ce propos," déclare t'il. "J'étais un peu frustré car j'avais tout connu avec Bordeaux et je voulais découvrir quelquechose de nouveau."

"Mais en même temps, j'ai pu jouer la ligue des Champions et me battre pour le titre sous les ordres de Laurent Blanc. J'ai apprécié d'avoir connu ce succès."

Mais maintenant, il est à Arsenal, et il apprend ce qu'il peut, aussi vite qu'il le peut de Wenger.


"J'ai rencontré Arsène pour la première fois en Mai quand j'ai signé pour le club,"  dit-il. "C'est difficile d'expliquer ce qui fait qu'il est si spécial."


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"Je suppose que ce sont des petites choses. Son charisme, peut-être, le fait qu'il a toujours réussi à construire une équipe pour être dans le haut du classement et qui joue la ligue des Champions. Il incarne le succès."

"Je pensais qu'il était quelqu'un de très sérieux, peu souriant et toujours soucieux. Mais maintenant que je le connais un peu, je peux voir que dans une atmosphère détendue, il peut aussi être vraiment cool. Il arrive à se montrer sérieux et détendu à la fois, ce qui est rare et une vraie prouesse."

Un peu comme de combiner le football et la comptabilité. 

 

 

Article original du Dailymail : http://www.dailymail.co.uk/sport/football/article-1313059/Marouane-Chamakh--How-idol-Laurent-Blanc-helped-secure-dream-Arsenal.html
 

Mots clefs: Marouane Chamakh

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