De Gelsenkirchen à 200 apparitions sous le blason au canon, Özil revient sur sa carrière dans une longue interview

Mesut Özil a effectué sa 200ème apparition sous le maillot des Gunners ce samedi à Newcastle. A cette occasion, le meneur de jeu allemand a donné une énorme interview au site officiel pour revenir sur cette aventure et sur sa carrière… Bien évidemment, nous n’avons pas pu nous empêcher de vous la traduire. Bonne lecture à tous !

“La plupart des enfants prennent du plaisir en marquant des buts, mais depuis que je suis jeune, j’ai toujours aimé faire les passes décisives.”

“Pourquoi ? C’est vraiment simple. En donnant une passe décisive, ton ami peut marquer et tu aides ton équipe. Chaque fois que je reçois la balle, je pense toujours de manière offensive donc je peux prendre ma chance pour marquer un but ou pour faire une passe décisive à quelqu’un. C’est pourquoi il est normal pour moi d’essayer d’avoir toujours le ballon et de jouer de l’avant.”

“De mon point de vue, un joueur créatif devrait toujours prendre du plaisir sur le terrain et devrait croire en son style de jeu dans le but d’aider l’équipe. J’ai joué de cette manière durant toute ma vie, c’est ce pourquoi je prends toujours du plaisir jusqu’à aujourd’hui en donnant des passes décisives à mes coéquipiers.”

“Tout cela remonte à quand j’ai grandi à Gelsenkirchen, lorsque je pouvais jouer jusqu’à cinq heure par jour. J’étais un mordu de football. J’adorais cela. Je pouvais aller à l’école, jouer au football et ensuite jouer pour mon club après cela. Je finissais à 13h et j’allais jouer avec mon club à 17h. J’occupais les quatre heures entre les deux en jouant au football avec mes amis. Ensuite, j’allais à l’entraînement pour deux autres heures, voir plus.”

“En été, il faisait nuit beaucoup plus tard. Je regardais dehors, je voyais mes amis en train de jouer dans la cage et je les rejoignais. Je jouais juste au football quasiment toute la journée, je portais mon maillot de Zinedine Zidane et j’essayais de jouer exactement comme lui. On en est arrivé à un point où mon père a discuté avec mon coach Rot-Weiss Essen et lui a dit ‘Il ne peut pas jouer, il est fatigué et vous pouvez le voir sur le terrain parce qu’hier il a joué pendant 10 heures au football avec ses copains.’

“Ce n’étaient pas juste des matches amicaux avec mes amis, j’avais pour habitude de me tester contre des enfants plus grands, également. Il m’arrivait de jouer contre mon frère et ses amis qui étaient cinq à six ans plus âgés que moi. Lorsque j’avais 11 ans, ils avaient déjà 17 ou 18 ans.” 

“C’était dur de jouer contre eux et le terrain sur lequel j’ai grandi en jouant n’était pas super parce qu’il y avait toujours des cailloux dessus, mais cela m’a aidé à progresser. Vous deviez toujours être vraiment concentré lorsque vous aviez le ballon. Je pense que ce genre de trucs m’a aidé plutôt et j’y retournerais toujours pour y jouer plus.”

“C’était juste comme cela pour moi. Le football était tout ce qu’il y avait pour moi. Peut-être que parfois le jour avant le match, j’aurais pu essayer de ne pas jouer jusque 23h, mais j’en avais tout simplement envie parce que je prenais du plaisir comme cela. Le football c’était, et c’est toujours toute ma vie.”

Un gamin issu d’un quartier cosmopolite, qui a grandi à Gelsenkirchen et à Schalke

“Le quartier dans lequel j’ai grandi était un quartier où de nombreux étrangers s’étaient installés. Pas seulement des Turcs, mais des gens de diverses origines : des Libanais, des gens du Moyen-Orient, des Africains, un véritable mixte. Ce n’était peut-être pas le quartier le plus attrayant ou le plus chic, mais j’avais tellement d’amis vivant près de chez moi, des amis issus de tous ces différents milieux, et cela signifie que j’ai aimé ma jeunesse là-bas.”

“Pas mal de familles de mon quartier faisaient face occasionnellement à des périodes difficiles et le football était une réponse pour nous les enfants. C’était un échappatoire pour nous. On aimait jouer parce que cela signifiait que nous n’avions pas de problèmes. Vous voulez rester sur le terrain et le football pouvait être la seule chose. Cela n’avait aucune importance que vous soyez riches ou pauvres, ou si vous étiez Allemands ou Turcs. Le football nous unifiait et nous étions toujours de bonne humeur après cela.”

“Gelsenkirchen est la ville où je suis né et où j’ai grandi, et où ma famille et mes amis vivent. Je suis vraiment connecté à la ville. J’ai commencé ma carrière de footballeur là-bas et j’ai vraiment de bons souvenirs de Schalke. A cette époque j’avais un coach, Norbert Elgert, qui m’a toujours tellement supporté et qui m’a fait aller de l’avant, tout comme Schalke.”

“Il a été l’homme qui m’a fait croire en moi et qui m’a montré que je pouvais réussir de nombreuses choses en tant que footballeur. J’ai toujours su que j’avais du potentiel parce que les gens qui regardaient mes matches me disaient occasionnellement que j’allais à coup sûr finir par y jouer de manière professionnelle.”

“Mais vous ne le prenez jamais vraiment en considération, même quand votre famille et vos amis, ou d’autres personnes, vous parlent de votre potentiel. Mais lorsque j’ai rejoint Schalke en provenance de Rot-Weiss Essen, un club dont j’ai également gardé de vraiment bons souvenirs, Norbert a été la personne qui a fait progresser mon jeu. Il m’a enseigné les tactiques, il m’a dit de ne jamais abandonner, de toujours continuer et de ne jamais être suffisant.”

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“Je suis tellement reconnaissant vis-à-vis de lui parce qu’il a été essentiel à mon développement. Je suis encore beaucoup en contact avec lui. Lorsque vous regardez l’effectif des jeunes de Schalke de cette époque, c’est fou de voir les joueurs qui en sont sortis. Vous avez des mecs comme Julian Draxler, Manuel Neuer, moi-même, Benedikt Howedes, Ralf Fahrmann et d’autres.”

“A Schalke, il y avait également beaucoup de joueurs expérimentés qui m’ont aidé. Des gars comme Lincoln, les jumeaux Altintop, Kevin Kuranyi et Mladen Krstajic qui étaient des pros expérimentés et qui ont toujours été là pour moi. Pour moi qui était un jeune joueur, d’avoir à mes côtés des leaders comme cela, des mecs qui avaient beaucoup d’expérience en Bundesliga et qui me louaient et me donnaient leur entier support, cela m’a donné énormément de confiance.”

“Avec Lincoln, à cette époque à Schalke, tout le monde le regardait en Allemagne et partout ailleurs évidemment, c’était un Brésilien. Ce qu’il nous montrait sur le terrain à travers ses performances était incroyable, et j’ai beaucoup appris de lui.”

“Nous avons beaucoup discuté durant ces moments à Schalke et il m’a beaucoup aidé. Il était fasciné par la manière dont j’étais culotté sur le terrain pour un joueur jeune et par la confiance que j’avais. D’entendre cela de la part d’un si grand joueur, évidemment, me rendait très honoré, et c’était génial et drôle de jouer à ses côtés, et d’apprendre de lui.”

De Schalke à Brême, de Lincoln à Diego… toujours une touche brésilienne pour inspirer Mesut

“Ensuite, je suis parti à Brême et j’ai passé pas mal de moments vraiment sympathiques là-bas. Durant ma carrière, j’ai vraiment été chanceux parce que je suis arrivé dans des clubs qui possédaient des joueurs de classe mondiale. Diego était l’un de ces joueurs, à cette époque à Brême, qui avait un impact considérable sur les performances. Toute la Bundesliga ne parlait que de lui, le Monde entier parlait de lui.”

“C’était un joueur très intéressant, et quand je le regardais jouer sur le terrain, ce n’était pas le plus gros joueurs, mais il était serein avec la balle au pied et plein de sang-froid face au but. Il a inscrit beaucoup de buts pour Brême et m’a appris beaucoup également.” 

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“Au final, dans ma position, tout est toujours pas mal serré. Au moment où tu reçois la balle au milieu de terrain, tu es tout de suite encerclé par trois ou quatre adversaires qui veulent t’attaquer. Tu dois juste trouver les solutions plus rapidement. Donc pour moi, tout se passe de manière automatique. Avant que je ne reçois la balle, je dois savoir exactement ce que je vais en faire. J’ai beaucoup appris de ces joueurs et je leur en suis vraiment reconnaissant.”

Le Real Madrid, l’âge d’or dans la carrière d’Özil…

“Ce que j’ai appris d’eux m’a aidé lorsque je suis parti au Real Madrid, et j’ai continué à apprendre auprès de quelques uns des meilleurs joueurs au Monde là-bas. J’avais toujours rêvé de jouer là-bas car Zidane a joué pour eux également, et je n’oublierai jamais la première fois où j’ai rencontré mon idole. Jose Mourinho l’avait pris en tant qu’entraîneur assistant en équipe première. Il était dans le vestiaire, donc évidemment mes mains étaient moites.”

“J’avais imaginé ce moment depuis que j’étais jeune avec mes amis, j’avais acheté son maillot et je jouais comme lui dans la cage où je le portais. La sensation était très positive mais j’étais encore un jeune joueur à 20 ou 21 ans, quelque chose comme cela. En fin de compte pourtant, il était vraiment calme et j’ai vraiment apprécié ma première rencontre avec lui.”

“Pendant mon passage en Espagne, j’ai appris à le connaître plutôt pas mal. Je lui demandais toujours comme il savait avant même de recevoir la balle quelles étaient les solutions qu’il avait. Cela m’avait toujours fasciné et parce que nous jouions tous les deux au même poste, je voulais désespérément apprendre de lui autant que je le pouvais.” 

“Finalement, tout était différent à Madrid. Si tu viens du Werder Brême, où tu es un jeune joueur talentueux, pour aller dans un si grand club où il y a tant de grands joueurs, tu n’y es rien. Si tu joues pour le Real Madrid, même si tu fais match nul contre Barcelone, c’est la pire des choses qui puisse arriver au monde. Tu dois gagner chacun des matches. Si tu gagnes 10 matches de suite et qu’ensuite par exemple tu fais un match nul à domicile contre une plus petite équipe au match suivant, tu es tellement sous pression. J’ai vraiment appris sur comment contrôler la pression là-bas, et j’ai vraiment apprécié cela pendant le temps que j’ai été là bas.”

“C’est ce que je fais désormais, juste apprécié jouer sous pression. J’ai passé de bons moments là-bas, une période remplie de succès également, et je m’y suis fait de bons amis. Mon meilleur ami était Sergio Ramos et je suis toujours en contact avec lui. Pour moi, c’est certainement le meilleur défenseur au monde. C’est un bon gars, un bon ami et un bon chanteur également ! Croyez-le ou non, il a vraiment une jolie voix !” 

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“Une autre chose que les gens me demandent toujours, c’est de parler de ce que cela fait de jouer avec Cristiano Ronaldo et tout ce que je peux dire, c’est que je n’ai jamais vu une personne comme lui. Il travaille vraiment dur et c’est le premier gars à arriver au centre d’entraînement, et c’est également le dernier à le quitter. Il est très professionnel et il veut toujours gagner, même aux matches d’entraînement. Evidemment j’ai regardé ce qu’il faisait, même quelque chose d’aussi simple que de regarder sa technique de tir.”

“J’ai vraiment apprécié jouer avec lui parce qu’il me rendait meilleur sur le terrain et c’est un super mec en dehors du terrain, également. Je lui ai fait beaucoup de passes décisives et il n’a pas besoin de moi pour lui rappeler cela ! C’était facile de jouer avec lui parce que je n’avais pas besoin de créer beaucoup d’occasions pour qu’il marque. Même en lui donnant juste deux passes, il pouvait marquer deux buts et c’est pourquoi c’est l’un des plus grands footballeurs qui n’ait jamais existé.”

Et puis il y a 5 ans… Mesut rejoignait Arsenal !

“Après trois années à Madrid, c’était venu le temps de rejoindre une nouvelle capitale : Londres. C’était un moment spécial parce que lorsque je suis parti au Real Madrid, Arsène Wenger m’avait demandé si je voulais venir à Arsenal. J’avais répondu ‘Croyez-moi, dans le futur, si j’ai l’opportunité de changer de club, vous serez mon premier choix.’

“Après cela, nous avons discuté et j’ai décidé de venir à Arsenal parce que je me souvenais quand je regardais Thierry Henry, Dennis Bergkamp et Robert Pires, de si grands footballeurs, et je voulais faire partie de ceux-là également. Je voulais venir ici, et connaître des succès avec cette équipe. Lors de ma première et de ma seconde année, nous avons gagné la FA Cup, et ensuite une autre fois en 2017, donc je prends du plaisir à jouer pour ce club.”

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“J’adore vivre ici, tout simplement. Londres est une ville mondiale. Il y a tant de choses que l’on peut faire. Il y a pleins de différentes cultures ici et je me sens très, très bien installé. Le club est énorme et je prends du plaisir à jouer pour Arsenal. Vivre à Londres, c’est énorme !”

“J’ai joué pour quelques clubs, mais d’avoir mon propre chant, c’est quelque chose d’unique pour moi. Lorsque je l’ai entendu pour la première fois, j’avais la chair de poule et je l’ai encore à chaque fois que je l’entends. Je veux vraiment les remercier pour ce soutient exceptionnel.”

“Les fans m’ont soutenu depuis que je suis arrivé il y a cinq ans et grâce à cela, j’ai été capable de jouer avec mon style préféré. Je veux toujours contrôler le jeu, donner des passes décisives et aider l’équipe. Cela a toujours été comme ça depuis le tout début. A mon poste, tu as pas mal de possibilités de jouer de l’avant. Tu peux demander les ballons, faire des passes importantes ou marquer toi-même.”

“On m’a dit pas mal de fois durant ces années que c’était la manière dont Bergkamp jouait. Bien évidemment, cela me rend fier et c’est un honneur d’être comparé à lui. Bergkamp est une légende vivante à Arsenal et c’était un joueur de football exceptionnel.”

“Mais je ne veux pas que l’on me compare à qui que ce soit. J’ai mon propre style de jeu, et je l’ai eu depuis que je suis gamin. Je suis fier de ces comparaisons, mais je suis Özil, et je ne suis pas encore fini !”

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