[EL – 1/4 de finale aller] Arsenal v Naples – Vous êtes plutôt pizza ou Camorra ?

Jeudi soir se jouera le premier round entre Arsenal et Naples. Duel au sommet, pour ce quart de finale aller, entre corrompus de l’UEFA et mafieux. Ca s’annonce… excitant. On rigole, amis rennais. On rigole. 

Le petit coup de moins bien pour les Italiens

Est-ce que ça n’arriverait pas au bon moment par hasard ? Non, je ne fais que poser la question. Elle est légitime. Fin mars, le Napoli d’Ancelotti enchainait les excellents résultats. En point d’orgue, une belle victoire à domicile face à l’Udinese et surtout une victoire très concluante au Stadio Olympico de Rome face à la Louve. Sans être réellement inquiétés par la Roma de Ranieri, les joueurs de Carlo – Big Bisou ! – l’emportaient alors 4 buts à 1 dans la capitale italienne grâce notamment aux anciens joueurs d’Amsterdan, A.Younes et A.Milik. Ou l’histoire de la victoire d’Ajax face à Romulus et Remus. Je sais c’est anachronique, mais c’était pour faire cultivé. Bref.

Malheureusement, depuis cette grande victoire, Naples cale. Deux matches et aucune victoire. Deux matches à leur portée que les joueurs italiens n’ont pas su remporter. D’abord sur le terrain d’Empoli, les napolitains – je ne les traite par de gâteaux, qu’on soit d’accord – n’ont pu venir à bout d’une équipe qui a fini par l’emporter. Ensuite, sur leur terrain du San Paolo, les bleus ciels n’ont eu d’autre choix que de concéder un match nul décevant. Alors déçu Ancelotti ? C’est peu dire…

“C’est inattendu et nous pousser à tirer la sonnette d’alarme. Nous savons à quel point, c’est difficile. Mais je n’ai pas retrouvé la détermination et la mentalité que j’avais demandées à mes joueurs. Si nous jouons de la sorte à Londres, ce sera très compliqué.” 

“Je ne crois pas à une baisse psychologique, nous n’avons pas réellement aborder le match de jeudi. Nous devions simplement nous concentrer sur le match de ce soir. Nous devons nous remettre à travailler les bases et à remettre de l’ordre dans nos plans.” 

“Ce qu’il faut évaluer est l’attitude défensive. Nous prenons trop de buts, nous défendons mal et les milieux de terrain n’exercent que trop de pression. Nous n’avons pas le droit de subir autant de contre-attaques lorsqu’on contrôle le match.” 

“Nous devons retrouver notre équilibre car la défense est la base de l’équipe. Nous en discuterons et chercherons les solutions ensemble. Ce n’est qu’une question tactique car nous sommes en forme physiquement.” 

“Nous devons absolument nous réveiller, démontrer la valeur et le potentiel de ce groupe et trouver notre véritable identité.” 

Bon. Il est assez clair que Carlo est déçu. Mais l’entraineur italien tempère également et aurait raison de s’en priver. Dans un championnat dominé de la tête et des épaules par un Juve toujours intouchable, le Napoli réalise une très belle saison. Bien calée à la seconde place, l’équipe du Sud de l’Italie dispose de la troisième meilleure attaque et de la troisième meilleure défense de Serie A. Solides, rapides, efficaces, les Napolitains connaissent effectivement un coup de moins bien. Et lors des huitièmes de finale retour de cette Europa League, les italiens avaient sans doute serré tout ce qu’ils pouvaient pour ne pas se faire éliminer par le Red Bull Salzburg. Une défaite 3-1 qui permettait néanmoins à Naples de se qualifier après leur victoire 3 buts à 0 au match aller. Mais quoi de mieux pour se relancer que de concéder des résultats décevants ? Un stimulant, un retour nécessaire à la réalité… Les prémisses d’un match européen qui annonce beaucoup de coeur et d’envie si on en croit Simone Verdi.

“Le coach nous a fait comprendre que ce genre d’attitude doit cesser.” 

“Le match à Londres sera aussi difficile qu’excitant. Nous allons faire face à un très grand club avec beaucoup d’expérience. Mais nous avons également accumulé de l’expérience à ce niveau et nous les regarderons droit dans les yeux.” 

“Nous ferons tout pour passer ce tour. Nous aurons un match très difficile à Londres et ensuite, il y aura le match retour. Tout peut arriver, mais il est certain que nous mettrons tout notre âme sur le terrain.” 

Peut-on réellement rivaliser avec des âmes ? Hmmm… Si les poissons se réveillent, on sait jamais.

Ce jour d’octobre 2013… Nemo marquait son premier but pour les Gunners

Et c’était contre… Napoli ! Evidemment, sinon quel intérêt d’en parler, hein ? Pas d’anniversaire particulier à fêter. Pas de journée internationale du gaucher exclusif ou du talentueux teuton à célébrer. Un simple souvenir. Un souvenir heureux. Un de deux qui font vraiment plaisir. Vous qui vous fermez les yeux et vous remémorez ce geste sublime, vous avez le sourire, on le voit à travers l’écran.

Oui parce qu’après son fameux “I’m a Gunner” le 1er septembre 2013, sa première passe décisive pour Olive à la 11ème minute d’une rencontre jouée au Stadium of Light face à Sunderland – qui fait aujourd’hui les beaux joueurs de Netflix plus que du football – on commençait à attendre impatiemment le moment où Nemo se déciderait à faire parler la poudre avec son pied gauche magnifique. Et en ce 1er octobre 2013, Arsenal avait fait montre d’une qualité monstrueuse pour museler entièrement une équipe de Naples déjà très dangereuse offensivement, et leader de Serie A à l’époque. De quoi ne laisser à Rafa Benitez et les siens que les yeux pour pleurer.

Dans une équipe alors privée de Santi Cazorla, c’était Mikel Arteta et Mathieu Flamini qui avaient fermé les espaces, et devant, le trio Ramsey – Rosicky – Özil avait délivré une prestation de très grande classe en soutien d’un Giroud, lui-aussi buteur. Vous avez les larmes qui montent aux yeux ? Oui, il parait que ça fait cet effet-là lorsqu’on évoque Rosicky et Arteta entre autres. Attendez de voir Rambo sous un autre maillot, ça va vous faire tout drôle. Parce qu’on se souvient à juste titre du but formidable de Nemo ce jour-là, mais rappelons également que le passeur décisif ce jour-là était le Gallois. D’une passe en retrait millimétrée, Rambo avait permis à Nemo de reprendre le ballon en une touche, de son pied gauche et de fusiller Reina dès l’entrée de la surface. Le but était splendide, il faut le dire. Tout comme la prestation de l’allemand ce jour-là. De l’équipe entière même.

L’euphorie de l’arrivée d’un tel joueur avait gagné tout le groupe à cette époque. Et l’allemand faisait montre de sa grande classe tous les weekends. Avec le recul, on repense à cette époque et on est presque nostalgique de ce niveau de performance qui n’a malheureusement pas tenu la longueur. Cette saison, Nemo a été l’un des joueurs les plus questionnés. L’un de ceux qui ont le plus été remis en cause dans le groupe. Et depuis quelques matches, cette remise en question semblait avoir fait effet. Face à Newcastle, il y a 10 jours, Özil nous avait gratifié d’une personne de très haut vol. De quoi lui valoir d’être élu homme du match et d’être salué publiquement par Emery après la rencontre: “J’aime la façon de jouer de chacun de mes joueurs en ce moment et Mesut nous aide par son travail.

“Grâce à ses qualités individuelles, il a aussi la capacité de nous aider seul.” 

“Mesut joue de la façon dont nous voulons qu’il joue, dans système et notre plan tactique. Il travaille beaucoup et nous apporte beaucoup de qualités.”

Mais dans un match où l’équipe entière a réalisé une performance d’une très grande faiblesse, Mesut n’a pas échappé au marasme. Titulaire à l’extérieur en Premier League pour la première fois de 2019, l’Allemand était même capitaine des Gunners dimanche dernier. Et de nouvelle grande performance il n’y eu pas. Et les perpétuelles questions firent leur retour. Une nouvelle fois, le débat de l’incapacité de Mesut à être présent dans les grands matches et à porter son équipe refait surface.

Ce jeudi, Arsenal joue à domicile. Et l’un des derniers purs numéros 10 du football européen devra faire montre de tout son talent. L’herbe est définitivement plus verte chez soi.

Le point Croix-Rouge

Côté Arsenal, seuls Granit Xhaka et Laurent Koscielny passeront des tests de dernière minutes pour juger de leur disponibilité pour cette rencontre.

Seuls absents côté Napoli, Albiol et Diawara, dans un groupe au grand complet.

Arsenal: Leno – Maitland-Niles – Sokratis – Koscielny – Monreal – Kolasinac – Xhaka – Torreira – Ramsey – Lacazette – Aubameyang

Naples: Meret – Hysaj – Maksimovic – Koulibaly – Ghoulam – Callejon – Allan – Ruiz – Zielinski – Mertens – Milik

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