Emery s’exprime auprès de Marca… Unai fête ses 6 mois avec une première interview aux médias

6 mois aujourd’hui qu’Unai a rejoint les rangs des canonniers. L’occasion pour le manager basque de sortir un petit peu de ses habitudes et d’accorder sa toute première interview aux médias depuis sa signature. 

Depuis sa signature, Unai Emery privilégiait la communication via les canaux officiels du club. Durant cette trêve internationale, c’est Marca qui a décroché la première interview accordée aux médias du stratège basque. Unai a privilégié un média de son pays donc pour se confier sur ses premiers mois à Arsenal et sur les dessous de son arrivée. Une interview sans langue de bois où Emery fait le point sur le travail accompli et à accomplir. Un projet qui nous rappelle étrangement celui d’un ancien Président de la République : “le changement c’est maintenant”. En espérant de meilleurs résultats !

Après avoir été soigneusement sélectionné comme head coach en tant que successeur d’Arsène Wenger, Unai Emery s’est mis sans plus attendre au travail avec comme besoin principal d’ “ouvrir les fenêtres” du côté de l’Emirates pour apporter un nouveau souffle au club.

Pourquoi vous pensez qu’Arsenal vous a choisi ? Vous n’étiez pas le seul candidat. 

“Comme Ivan Gazidis l’a expliqué le jour de ma présentation, je faisais partie d’une shortlist de 8 entraîneurs qu’ils ont vus en entretien, et cela c’est grâce à Arturo Canales, qui a insisté auprès d’eux que j’étais le meilleur candidat pour eux.”

Et comment les avez-vous convaincus ? 

“Par le passé, des équipes m’avaient déjà approché avec leur décision déjà prise : le Paris Saint-Germain, Séville, Valence, le Spartak Moscou, Almeria… Je n’étais pas habitué par contre à être seulement un candidat et à mettre mes arguments en avant. Je me suis préparé pour la rencontre avec mon staff. J’y suis arrivé avec mes doutes sur ma capacité à parler anglais, mais ils m’ont toujours dit que ce ne serait pas un problème. Et je leur ai parlé très naturellement ce jour-là.”

Ensuite vient votre nomination.

“Ces jours-là, c’est très difficile pour un coach de laisser derrière les 22 dernières années. Les cartes doivent être redistribuées dans tous les secteurs du club. Et ce n’est pas en raison d’une négligence passée, mais pour motiver tout le monde à nouveau : pour secouer tout cela, pour balayer certaines choses sous le tapis, pour ouvrir les fenêtres, toutes les choses positives. Une fois, j’ai appris de Javier Irureta (ndlr : une légende parmi les coachs basques) que s’ils te demandent de faire des changements, tu te dois de le faire. Et j’ai dû donc travailler pour mettre en place mes idées.”

Avez-vous discuté avec Arsène Wenger ? 

“Pas à propos de l’équipe. Je ne l’ai rencontré qu’une fois, et pas d’autres fois. Je le respecte énormément, mais peu importe le nombre d’informations qu’il m’a données, je devais changer les choses, j’ai dis aux joueurs ‘nous repartons de zéro’. Même encore maintenant, quatre mois plus tard, je dis encore ‘nous n’en sommes qu’au début!’ ” 

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Par exemple, c’est vrai que vous avez introduit plus de gymnastique/musculation à l’entraînement ? 

“Ici il y avait un coach de fitness qui continue son travail. Nous n’avons pas changé cela. Seulement quelques petits détails comme installer une salle de gym juste à côté du terrain pour rendre la transition entre la gym et le terrain plus simple. C’est purement méthodologique. La même idée générale qu’avant demeure.”

Il y a des histoires comme quoi vous avez remplacé les jus par de l’eau, qu’il y a plus de contrôle du poids des joueurs. Est-ce que c’est vrai ou alors juste de la spéculation des médias ?

“Il y avait des habitudes que nous pouvions améliorer en matière de nutrition. Ensemble avec le nutritionniste et le coach fitness, nous avons décidé de nous débarrasser des jus avec du sucre, mais c’est quelque chose de normal et c’est ce que je fais à la maison : manger sans sucre, moins lourd, de la nourriture plus saine. C’est cela.” 

Il semble que vous soyez comme un coach méticuleux. 

“Je trouve que c’est marrant quand tout le temps les gens disent cela. Une fois, un coach chinois est venu nous voir à Séville et il arrêtait pas de me répéter : ‘Unai, votre travail sur les détails m’a impressionné.’ Et c’est une image qui me colle à la peau. Je me suis dit : ‘Bon c’est quelque chose de positif !’ Mais ce peut être également négatif, cela peut aussi vouloir dire être un peu trop fatiguant, en voulant avoir trop d’influence sur les joueurs, donc je ne sais pas trop. Ce que je fais, c’est travailler dur. Je regarde les 90 minutes et j’analyse les possibilités d’ouverture, là où l’espace est etc. Ensuite je transmets ça à la vidéo et je le montre aux joueurs.”

Et ils comprennent ? 

“Je pense qu’il y a des moments où les joueurs devraient s’exprimer eux-même. Trouver un équilibre entre cela et les détails bien connus.”

Votre Arsenal peut être trompeur : quelques fois vous avez le ballon, quelques fois vous jouez en contre-attaque… comment vous définiriez votre style ?  

“Avant que Wenger n’arrive, Arsenal célébrait les victoires 1-0 et était basé sur la solidité défensive. Avec Arsène, ils sont devenus une équipe offensive, avec des joueurs qui étaient bons avec la balle. Et la parfaite combinaison est arrivée avec les Invincibles. Mais avec le temps, vous pouvez seulement vous souciez de la technique et de la liberté offensive, en perdant votre structure défensive. Ce que je veux faire, c’est unifier les deux et devenir plus compétitifs. Arsenal était en train de tomber. Nous devions stopper cela et commencer à les relever.”

Êtes-vous désormais sur une pente ascendante ? 

“Je veux créer une équipe qui sait comment exploiter l’espace, qui est capable de contre-attaquer, ou lorsqu’il n’y a pas d’espaces, qui sait calmement trouver un moyen de créer des ouvertures. Nous sommes dans ce processus : créer une idée, un style, être compétitifs. Nous sommes arrivés dans un Arsenal qui n’avait battu aucune équipe du Top 6, et bien que nous ne l’ayons pas encore fait non plus, ils avaient également des difficultés à gagner à l’extérieur souvent, et nous avons déjà progressé dans ce domaine.”

Est-ce qu’Arsenal est désormais considéré comme un cran en dessous d’équipes comme Manchester City, Chelsea, Liverpool et Tottenham ? 

“Nous pouvons améliorer cette équipe. Je veux être exigeant. Je suis ravi du traitement de la part du club dans tous les domaines, mais je veux qu’ils soient exigeants vis-à-vis de moi parce que je vais de ce fait pousser le club à aller de l’avant. Je veux être exigeant vis-à-vis de moi-même, de l’équipe et du club. La Premier League est différente de ce qu’elle était il y a de cela 20 ans, lorsque City et Chelsea n’étaient pas les mêmes équipes, et qu’Everton était plus solide. L’argent a tout changé. Et Arsenal doit être grand, ne pas laisser les quatre de devant prendre l’avantage sur nous [il y a également Manchester United] et ne pas laisser les équipes en dessous se rapprocher de nous.”

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Parlons désormais de quelques individualités : vous avez pris votre temps pour faire débuter Lucas Torreira titulaire. Pourquoi cela ? 

“Parce que vous devez respecter la hiérarchie. Bernd Leno est arrivé, mais Petr Cech faisait de bonnes choses, et vous devez respecter cela. Petr était le numéro 1. Cette chose est vraie également avec Matteo Guendouzi et Torreira, qui sont arrivés plus tard. J’ai donné à Guendouzi sa chance en premier, et j’ai été ravi de lui, mais désormais il ne joue plus autant et c’est Lucas qui joue plus.” 

Vous avez joué avec deux avant-centres : Pierre-Emerick Aubameyang et Alexandre Lacazette. Cela n’était jamais vraiment arrivé avant.

“Nous sommes dans un processus. Cela va fonctionner durant un match, et ensuite ça ne fonctionnera pas dans un autre. Vous devez chercher des réponses à chaque différent match. J’adore les analyser. Lorsque j’ai quitté Valence, j’ai dit au président que j’étais plus un analyste des coachs plutôt que des joueurs. Je n’ai pas le temps d’analyser les joueurs. Je suis plus tactique. Wenger, par exemple, était plus focalisé sur le pur football, plus un coach de joueurs.”

Arsenal est invaincu depuis 16 matchs, toutes compétitions confondues. Qu’est-ce que cela signifie ? 

“Cela veut dire qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire. Nous avons concédé quatre matchs nuls lors des cinq derniers matchs, et nous devons pousser l’équipe de l’avant désormais. J’ai parlé à mon équipe durant la trêve internationale. Notre objectif est d’être dans le Top 4, mais cela ne va pas être simple. Chaque année ça devient même plus compliqué d’y être. Tout le monde était heureux contre Liverpool mais nous avons seulement fait match nul. Ce n’est pas suffisant.”

Le football anglais est plus compliqué que les autres championnats. Mythe ou réalité ? 

“Peut-être parce que toutes les équipes ont un ou deux joueurs de très haut niveau, résultat du pouvoir financier. Les meilleurs joueurs viennent ici, à l’exception du Real Madrid, de Barcelone, du Bayern Munich, du PSG, de la Juventus et de quelques autres clubs. Et tout le temps, les meilleurs coach viennent aussi : Pep Guardiola, Jurgen Klopp, Jose Mourinho, Maurizio Sarri, Mauricio Pochettino.”

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L’article original : https://www.marca.com/futbol/premier-league/2018/11/22/5bf5abe4e5fdea45258b45ea.html

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