[J13] Bournemouth v Arsenal – La saison des cerises

Finie la promenade de santé, à vélo, à Rotterdam, le football revient en Angleterre. On quitte les tulipes pour les cerises. Comment ça, c’est plus la saison ? 

16. Non 16 n’est pas mon âge. Ni ma pointure en taille américaine – cela m’aurait valu quelques moqueries. 16 c’est la série de matches sans défaites des hommes d’Unai Emery avant le déplacement de demain au Vitality Stadium (14h30 heure française). Alors, la vie est belle, serait-on tenté de dire. Oui mais non. Les chiffres sont parfois trompeurs.

Retrouver l’appétit

Parce qu’à y regarder de plus près, après une série incroyable de 11 victoires consécutives toutes compétitions confondues, les Gunners ont marqué le pas. Et de quelle manière ! Aucune victoire en championnat depuis un mois et des résultats décevants face à des adversaires pourtant à leur portée. Ainsi, depuis le 22 octobre dernier – date de la victoire d’Arsenal face à Leicester – les joueurs du manager basque ont notamment buté sur Crystal Palace et Wolverhampton en Premier League, et sur le Sporting Lisbonne en Europa League. Et dans chacun de ces matches, les rouge et blanc se sont faits bouger par leurs adversaires du moment. Seul le match nul, encourageant dans le contenu, face à Liverpool, fait figure d’exception dans cette série.

Avant la trêve, Arsenal a du batailler afin d’arracher un petit point face à une valeureuse équipe de Wolverhampton qui menait à l’Emirates Stadium jusqu’à la 83ème minute.

Les chiffres n’auraient donc un intérêt que s’ils sont analysés ? Vous mentez ?

Oui, après la trêve internationale de deux semaines, le dernier match ici était un match nul contre Wolverhampton. Nous allons bien, 16 matchs que nous ne perdons plus, mais également, lors des trois derniers matchs nous avons partagé les points”, insistait Emery en conférence de presse.

“Ce sont deux situations. Notre ambition est d’engranger une autre victoire, mais nous savons que c’est très difficile à chaque match. Nous devons ressentir, nous préparer pour un gros match ce dimanche à Bournemouth.

Et, insistant sur la nécessité de goûter à nouveau à la victoire, Emery prenait l’exemple de Liverpool avec qui ses joueurs avaient dû partager les points malgré une prestation de très bonne facture.

“Dans chaque match de Premier League, nous jouons pour trois points. Et c’est pareil, trois points contre Liverpool, comme contre une autre équipe.”

“J’ai commencé la conférence de presse en vous disant que nous étions bien. Oui, nous sommes bien. Seize match sans défaite, c’est bien. Je pense que c’est bien.”

“Mais également, nous avons de l’ambition et nous voulons plus. Et nous avons besoin de plus. Les trois derniers matches, nous avons fait match nul. Ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas assez. Nous devons gagner plus.” 

Et si on ne jouait que la seconde mi-temps ?

C’est une question qu’il faut légitimement se poser lorsqu’on analyse Arsenal cette saison. Si les matches duraient 45 minutes et qu’on ne jouait que les secondes mi-temps de chaque match, les Gunners seraient intraitables. Mais certains ont du réaliser sur le tard qu’un match de foot commençait à la première minute et non à la 46ème. Et ça n’est pas facile à assimiler, on dirait.

Nous parlions de l’importance de parler des statistiques tout en les mettant en perspective. En voici une autre: Arsenal n’a pas mené une seule fois au score à l’issue de la première mi-temps d’un match de championnat cette saison. “Mais, le match contre Fulham, on en met 5 quand même!” Oui. Mais toujours non. C’est bon, je vous vois, c’est pas la peine d’aller checker sur le site officiel du club et de passer en revue chaque match pour y vérifier à quelle minute chacun des buts a été inscrit. On vous jure que c’est vrai.

La preuve ? Bah Emery a été interrogé là-dessus en conférence de presse.

Nous pouvons parler ici à propos des statistiques beaucoup de fois, durant longtemps. Nous marquons beaucoup, c’est bien ? Oui, c’est parfait. 26 buts c’est une très grosse statistique, mais également, nous avons encaissé 15 buts. Ce n’est pas bien.”

“Nous jouons quelques fois avec une très bonne possession. C’est bien, oui ? Mais parfois, nous jouons avec une très haute possession de balle, par exemple contre Wolverhampton, mais nous n’avons pas gagné.”

“Nous devons faire plus, mais nous le devons sur certaines choses où l’on doit être différents tactiquement, individuellement, dans l’état d’esprit, dans la mentalité.”

“Mais nous sommes en progression et nous sommes dans un processus également. Je connais mieux mes joueurs jour après jour, je connais de mieux en mieux la compétition tous les jours, je connais mieux également mes décisions et la réponse des joueurs et les matchs que nous préparons. Nous progressons, et dans ce processus également, mais je suis conscient actuellement que nous avons besoin de plus.”

En vérité, pas besoin d’être un fin connaisseur pour comprendre que si Arsenal est aujourd’hui dans une lutte réelle pour une place dans le Top 4 de Premier League, c’est donc que les secondes mi-temps des joueurs d’Emery ne ressemblent pas à leurs premières. Mais si, en début de saison, cela permettait aux Gunners de cumuler les victoires et d’engranger les points par la même occasion, cette stratégie – voulue ou subie – montre ses limites depuis quelques semaines.

Et si on les dépassait ces limites ? Aisément, tranquillement.

Qu’il continue de pleuvoir des fleurs de cerisiers sur le champ de bataille

4. Ce n’est toujours pas mon âge ni ma pointure en taille islandaise. Non, 4, c’est le nombre de points qui séparent aujourd’hui Arsenal 5ème du classement de Bournemouth 6ème de ce même championnat. Relativement constants sur tous les terrains de Premier League cette saison, c’est néanmoins sur ses bases que l’équipe d’Eddie Howe s’est le plus épanouie cette saison. Des cerisiers fleuris en soutien de cerises affamées. Tim Burton likes it!

En conférence de presse d’avant-match, Unai Emery louait les qualités d’une équipe cohérente, sûre de sa force, managée par un jeune entraîneur que tout le monde commence à adorer dans le Royaume. La hype est au maximum.

“A l’heure qu’il est, ils sont derrière nous, à quatre points, et nous jouons là-bas ce dimanche. Je pense qu’ils sont une bonne équipe, avec un coach jeune mais un très bon coach avec peu d’années d’exercice mais une très grande expérience.”

“Je connais Bournemouth et c’est une équipe très préparée avec des bons mouvements tactiques sur le terrain, avec une grosse intensité chez chaque joueur et lorsqu’ils jouent chez eux, nous savons que c’est très compliqué. Mais nous devons bien nous préparer, nous avons besoin de chaque joueur avec un gros mental durant les 90 minutes.” 

“C’est une équipe très bien organisée, ils travaillent dur, ils travaillent tactiquement dans chacun des matchs avec leur style, avec leurs supporters, ils ont la sensation qu’ils peuvent gagner contre tout le monde.”

“Pour nous, dimanche est un très gros test, un test de très haut niveau pour voir comment nous pouvons continuer notre process et nos progrès. C’est très important de montrer à tous les supporters notre mentalité ce dimanche.”

Et si l’on sent une réelle pression du résultat chez Emery et ses hommes, la sérénité semble s’être emparée d’un Eddie Howe plus relâché et impatient de rencontrer les Gunners.

“Sur le papier, le match de ce weekend a tout pour être un très bon match.” 

“Arsenal dispose de très bons joueurs offensifs et semblent confiants, ce sera compliqué. Mais ce sera surtout intéressant de voir quelle attaque prendra le dessus. Ce sera également un gros test pour les défenses.” 

“Je me souviens du 3-3 à domicile face à Arsenal. C’est un match que nous avons revisionné pour nous prouver que rien n’est jamais fini. Je me souviens avoir été très satisfait des 60 premières minutes. C’est un match dont nous avons beaucoup appris.”

Et si les bons mots au sujet de la nouvelle attraction anglaise au poste de manager ne manquent pas, c’est à l’écossais Ryan Fraser qu’il faut sans doute rendre hommage. Un début de saison en trombe qui a vu le natif d’Aberdeen délivrer 6 passes décisives.

“J’essaie de prendre plaisir en ce moment c’est tout. Je sais que c’est facile à dire.” 

“Je tente de ne pas penser à mes performances, à marquer des buts ou délivrer des passes décisives. Je veux simplement l’emporter à chaque fois et apprécier mon football. Si vous le faites, le reste suit.” 

“Nous sommes très unis à Bournemouth, nous aimons savoir ce que les autres font de bien. Nous nous félicitons quand nous nous voyons, mais au final, on doit oublier tout ça très vite.” 

“Nous jouons Arsenal dimanche, et c’est un énorme match. Puis, nous rencontrons Manchester City, donc un autre match compliqué. On espère pouvoir ramener quelque chose de ces deux matches.” 

“Nous avons réalisé de bons matches face à Arsenal dans le passé. Ils sont évidemment une équipe totalement différente avec leur nouveau manager cette saison. Nous sommes deux équipes qui aimons marquer des buts et je pense que ce sera un match intéressant.”

T’es prévenu Hector. On s’attache les cheveux et on souffle un bon coup, ça va bien se passer.

Compositions possibles

Très peu de cerises pourries, mais beaucoup de doutes sur la récolte ce weekend. Begovic, Lerma et Stanislas sont tous encore douteux mais devraient pouvoir tenir leur place. Joshua King pourrait également faire son retour sur le banc. Seule absence certaine, celle d’Adam Smith blessé au genou et opéré.

Côté Arsenal, les nouvelles ne sont aussi bonnes, on ne va pas se le cacher. Après sa très grave blessure, Danny Welbeck n’est pas évidemment pas de la partie. On souffre toujours également sur les postes de latéraux puisque Stephan Lichtsteiner et Nacho Man seront absents. Et malgré un retour proche, Kos the boss ne sera bien évidemment pas dans le groupe ce weekend.

Bournemouth: Begovic – Francis – Daniels – Ake – Rico – Stanislas – Cook – Lerma – Fraser – Brooks – Wilson

Arsenal: Leno – Bellerin – Mustafi – Holding – Kolasinac – Xhaka – Torreira – Aubameyang – Özil – Iwobi – Lacazette

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