[J6] Arsenal v Aston Villa – Faire à nouveau plaisir

Demain, Arsenal tentera de relancer la machine en championnat sur sa pelouse verte et belle de l’Emirates Stadium, face à Villa. Un ancien classique dans lequel on ne devrait pas faire que de la cueillette. 

L’objectif est double demain pour Arsenal avant la rencontre qui opposera les joueurs d’Emery à ceux de Dean Smith. D’abord, l’emporter pour recoller aux premières places de la Premier League et rester dans le wagon de tête. Mais aussi, et presque surtout, reprendre et redonner un plaisir que les Gunners ont de plus en plus de mal à transmettre à leurs supporters. Décrié ces derniers temps en raison des fragilités criantes de son équipe et de la régression collective d’Arsenal depuis quelques semaines, Unai devra donc redonner de l’allant et des couleurs à une équipe bien terne. Et si tout ça passait par l’attaque ?

Créer et punir, on réinvente le concept Michel

Ce dimanche, la réception d’Aston Villa sera un nouveau test pour Arsenal. Pensait-on dire ça un jour alors que Villa sort d’une période de coma en Championship de 3 ans ? Non. Mais c’est presque à ce niveau qu’en sont revenues nos certitudes au sujet de l’équipe entrainée par Unai Emery. Parce qu’à Watford, cette équipe a volé en éclats et s’est tiré une balle dans le pied. A la grecque, à la brésilienne, à l’espagnole… A toutes les sauces, les Gunners se sont faits prendre, impuissants, par les assauts répétés des joueurs de Watford. Suffisant pour faire renaitre des doutes qui nous avaient quelque peu quittés depuis la fin de saison dernière et qui reprennent une place centrale dans les discussions autour d’Unai. Une équipe dont les vélléités de pressing montrées en début de mandat d’Emery ont disparu laissant place à une position défensive de soumission subie par une équipe qui ne sait pas défendre. Une animation offensive proche du néant en l’absence de Laca. Des schémas de jeu et de construction figés sans capacité d’adaptation de la part des joueurs et de l’entraineur. Vous voyez le tableau ?

Ca vous met le sourire avant la rencontre de demain, hein ? Vous savez bien qu’on est là pour vous remonter le moral quand il le faut. Non mais, on fait comme si le tableau était tout noir mais jeudi nous a quand même accordé un peu de répit. Une petite parenthèse enchantée au milieu d’une vague de déceptions anglaises. Une compétition qui joue son rôle d’échappatoire comme ce fut le cas l’an passé. Jeudi, les jeunes pousses d’Arsenal se sont imposés 3-0 sur la pelouse de Francfort, dans ce qui se dessinait comme le match le plus délicat que les Gunners auraient à gérer lors de cette phase de poules. Résultat flatteur ? Sans doute. Tout ne fut pas parfait pour Arsenal, notamment dans les 25 premières minutes de jeu au cours desquelles, les Allemands ont mis une énorme pression sur les joueurs d’Emery. Et sans un Martinez impérial jeudi soir, la partie aurait sans doute été différente. Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir. Cette victoire a permis au talent de parler. Et celui de Saka, pour ceux qui en doutaient encore, est de toute évidence énorme. Lui qui venait d’avoir 18 ans – ne chantait pas Dalida – fut grand sur la pelouse allemande. Très grand. Le joueur le plus en vue de la rencontre. Deux passes décisives et son premier but avec l’équipe pro, un but somptueux d’une frappe enroulée du pied gauche à l’entrée de la surface adverse. Une prestation magnifique, bien accompagnée par celles de Willock, Chambers ou encore Martinez, tous titulaire au coup d’envoi.

Oui mais voilà. Cette performance offensive semble être un peu l’arbre qui cache la forêt en cette période compliquée. Arsenal n’a pas autant souffert dans l’animation offensive que depuis qu’Alex Lacazette est blessé. Celui qui est à la base de toutes les actions offensives des Gunners ne peut aujourd’hui rien face à l’impuissance dont on fait preuve les joueurs d’Emery le weekend dernier. C’est cette faculté de création qu’il faudra retrouver demain. Face à une modeste équipe de Villa, plaisir, création et solidité seront les maitre-mots des hommes du manager basque. Ne seraient-ce par les remèdes aux maux de Villa également ?

Respecter l’adversaire mais lui rentrer dedans quand même

Bah c’est un peu la philosophie de Dean Smith, en même temps. Et elle répond à des lacunes réelles et visibles de son équipe. Un groupe et un collectif encore en construction qui demande du temps afin de se forger et de créer les automatismes et chemins de construction nécessaires à une parfaite expression collective. Moi non plus, je ne l’ai pas comprise cette phrase. Trop de concepts, pas assez de concret.

Factuellement, Aston Villa est cette équipe qui pointe à la 17ème place au classement avec 4 petits points dans son escarcelle. Oui, ce mot existe encore et est utilisé par des moins de 30 ans ! Pas tous les jours quand même, faut pas déconner. Un nul, une victoire et le reste de défaites en 5 matches pour un promu qui se place comme ce qu’il sera sans doute cette saison, un candidat au maintien, et rien de plus. Malgré deux défaites inaugurales sur le terrain de Tottenham et face à Bournemouth, la victoire face à Everton avait laissé entrevoir un début de réponse et une expression collective encourageante. Confirmée par la large victoire en Coupe sur le terrain de la modeste équipe de Crewe Alexandra. Depuis, l’équipe de Dean Smith n’a marqué aucun but. Deux matches face à Palace et West Ham, et à aucun moment, les Villains n’ont pu faire trembler les filets adverses. Et les regrets ont plané sur les esprits de tous après le nul 0-0 face à une équipe de West Ham réduite à 10. Si Grealish, en bon capitaine, affirmait après la rencontre que son équipe avait la sensation d’avoir perdu le match, Dean Smith a temporisé et rassuré tout le monde en conférence de presse d’avant-match.

“Nous avons laissé passer notre chance avec la supériorité numérique. Nous n’en avons pas profité mais d’un côté, je suis heureux parce qu’ils restent une très bonne équipe.”

“C’est une équipe de première moitié de tableau cette saison, comme la saison passée. Les restreindre à n’avoir que peu de chances comme ce fut le cas à 11 contre 11, c’était bien.” 

“Cela m’inquièterais plus si nous ne nous procurions pas autant d’opportunités. J’ai regardé les stats de buts, et le match face à West Ham est le seul où nous étions en droit d’attendre plus de nous.” 

“Beaucoup de choses ont été dites à propos du match de lundi, mais nous avons bien joué par moments, et nous aurions dû l’emporter.”

Regrets ou non, Dean Smith peut compter sur une certitude: la solidité de sa défense et de son association Mings-Engels. Une solidité qui peut lui permettre de neutraliser Arsenal et de l’emporter à l’Emirates.

“C’est très important. Je l’ai dit mais la forme à domicile sera importante cette saison et nous avons conservé un clean sheet à deux reprises chez nous face à deux équipes qui visent le Top 6, Everton et West Ham. Défensivement, nous sommes solides et nous sommes en bonne condition. Nous connaissons nos responsabilités.” 

“Maintenant, nous voulons nous améliorer offensivement. L’état d’esprit se développe, les relations sont en train de se créer. Tout cela va continuer à évoluer, comme dans tout club.” 

“La rencontre face à Unai Emery ce weekend sera une nouvelle partie d’échecs.”

Echecs ou non, Martin devra placer ses bons pions. Et prendre exemple sur Watford pour profiter des lacunes actuelles d’Arsenal.

Ze décla de l’adversaire

Le Point Croix-Rouge

Côté Arsenal, il faudra encore une fois se passer de Laca et des deux latéraux, Hector et Kieran malgré leurs minutes engrangées avec les U23 hier. Rob Holding pourrait faire son retour dans le groupe même s’il est plus probable de voir l’anglais face à Nottingham en Coupe de la Ligue anglaise, cette semaine.

Pour Villa, James Chester et Jonathan Kodjia seront tous deux absents. Retour de blessure de Matt Target et de suspension de Trezeguet.

Arsenal: Leno – Maitland-Niles – Sokratis – Luiz – Kolasinac – Xhaka – Guendouzi – Ceballos – Pepe – Nelson – Aubameyang

Aston Villa: Heaton – Guilbert – Engels – Mings – Taylor – Nakamba – Grealish – McGinn – Jota – Trézéguet – Wesley

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