[J9] Sheffield United v Arsenal – Aiguisons les lames

Lundi soir, la 9ème journée de Premier League s’achève par le déplacement des Gunners sur la pelouse du promu Sheffield United. Une équipe reposée, un groupe au complet et un affrontement face à un promu qui a du mal malgré quelques bons résultats. Un cocktail parfaitement… explosif ? 

Bramall Lane, cette maison hantée

On tend souvent à dire, et c’est bien normal, que le maintien des équipes fraichement promues en Premier League passe par une forme olympique à la maison. Le maintien, c’est sur sa pelouse qu’on l’obtient. Et se battant. Quitte parfois à sacrifier ses idées de jeu. Sheffield ne fait ni l’un ni l’autre. Promus en tant que second du championnat de seconde division l’année passée, Sheffield était cette équipe qui attaquait bien mais savait également verouiller. Meilleure défense de seconde division, c’est avec des vélléités offensives marquées que les Blades – vous aussi vous avez l’image de Wesley Snipes qui défonce des vampires là ? – ont affichés leurs ambitions cette saison. N’est pas Bournemouth et Eddie Howe qui veut mais l’intention est là. Malheureusement, cette philosophie offensive ne permet pas aux hommes de Chris Wilder de bien figurer en championnat pour le moment. Invaincus à l’extérieur avec 6 points pris sur 12 possibles hors de ses bases, l’équipe du manager anglais a beaucoup plus de mal à la maison. Une seule victoire face à Crystal Palace sur le terrain de Bramall Lane, et trois petits points qui expliquent l’actuelle 15ème place des joueurs de Sheffield. De quoi faire de Bramall Lane un terrain hanté pour ses propres joueurs ? Non, parce que le maintien passera réellement par une bonne forme retrouvée à domicile.

Et en sortie de trève internationale, Chris Wilder et ses hommes ont pu poser les choses et travailler sur les soucis actuels de son équipe.

“Pendant la trève, nous avons analysé nos 8 premiers matches. Ces petites choses que nous devons améliorer sur un plan physique et collectif.”

“Je ne crois pas qu’il y ait énormément de mauvaises choses dans nos performances. Les derniers détails dont nous parlons sans cesse sont les plus difficiles à corriger: savoir rester concentrés, ne pas faire d’erreurs, ne pas laisser les très bons joueurs avoir des opportunités de vous faire mal – ce que nous n’avons pas réussi à faire. Et, de toute évidence, nous devons être plus cliniques de l’autre côté du terrain.”

“Nous n’avons pas de problèmes physiques. Nous avons compris que nous sommes en Premier League et que nous devrons subir à certains moments, nous l’avons accepté. Mais nous sommes aussi ambitieux dans notre approche globale et dans celle qui est la nôtre à chacune des rencontres.” 

“Nous devons être meilleurs lors de ces moments clés, et je sais que nous avons la qualité pour.” 

Un maintien qui passe par le jeu et l’offensive ? C’est en tout cas ce qu’affirme un Chris Wilder plein d’ambition à la veille d’affronter une équipe à nouveau au complet.

Tremblez pauvres fous !

Bon d’abord, on doit quand même se mettre d’accord sur un chose qui est objectivement absolue et universellement vraie, Gandalf a beaucoup trop de classe. Si si, faut l’avouer. On l’imagine assez mal devoir inscrire des buts sur la pelouse de l’Emirates, lui le fan de Wigan, mais on peut éventuellement se sentir assez serein à l’idée de le voir défendre les buts d’Arsenal, à l’image de son sacrifice pour sauver la communauté face au Balrog.

Le Balrog… C’est un peu l’image qui nous vient en tête à la veille de cette rencontre que les hommes d’Emery s’apprêtent à disputer sur la pelouse de Sheffield United. Pour la première fois de la saison, Arsenal pourrait être en mesure d’aligner son équipe-type lors d’un match de Premier League. La nouvelle est grande et nous fait respirer. Sourire même. Non parce qu’il faut l’avouer, tout supporter d’Arsenal n’a pas connu ce sentiment après un weekend de football anglais depuis bien longtemps. C’est le moment où on radote, où l’on répète les mêmes choses sans cesse, encore et encore – c’est que le début d’accord ? – mais Emery et ses joueurs ne nous permettent pas de changer de disque. On aimerait passer Francis Cabrel, sa moustache et son accent qui sent bon le pruneau mais pas moyen de passer à la cacahuète. Par moments, on s’est bien dits qu’on était potentiellement sur la bonne voie, mais on est plus descendu qu’ascendu. Oui, on en revient à l’utilisation de mots de vieux français comme pour soigner nos maux et faire un retour dans le passé – à défaut de le faire dans le futur – en invoquant les anciennes gloires  en les suppliant de nous permettre de refaire jouer cette équipe. Mais ça ne fonctionne pas. La pente est rude et la chute pourrait être brutale si Emery ne relevait pas la barre. Affronter Sheffield serait une nouvelle opportunité de se donner de l’air, à défaut de convaincre.

En bon leader de la horde du contrevent, Aubam est celui qui maintient à flots le navire d’Arsenal. En l’absence d’un Lacazette blessé, le Gabonais a repris la pointe de l’attaque et a fait montre de son style caractéristique. Transparent la plupart du temps, décisif à chaque fois. Face à Watford, face à Villa, face à Utd. Autant de matches au cours desquels Aubam aura réussi à marquer au moins un but qui aura été décisif pour conserver ou obtenir un résultat et ne pas perdre ces rencontres, a minima. 49, ce nombre vous dit-il quelque chose ? Si ce n’est pas le cas, vous pouvez aller vous réfugier chez tous ceux qui nient les records et supportent des poulets. Bien évidemment, pour tout supporter ce nombre de 49 renvoie aux Invincibles. Ah, ce bon vieux Jermaine Pennant… Pour les supporters actuels, ce même nombre renvoie au total de buts inscrits par Aubam avec Arsenal. En 75 matches pour Arsenal, l’attaquant Gabonais a inscrit 49 buts pour les Gunners. Pas mal pour joueur souvent décrié – à tort comme à raison – qui permet aujourd’hui à son équipe de rester à flots.

Et avec le retour de certains cadres essentiels de l’équipe, Arsenal a les armes pour nous faire à nouveau ressentir quelque chose. L’emporter lundi permettrait à Emery de replacer son groupe sur le podium. L’emporter avec la manière lui assurerait de faire taire les critiques avant une nouvelle bouffée d’oxygène européenne. Alors, on vous laisse avec Emery en conférence de presse d’avant-match: “Lundi, nous allons devoir continuer en améliorant notre manière de jouer, et la chose la plus importante c’est de gagner pour prendre les trois points. Mais nous devons également franchir un cap en améliorant des choses dont nous aurons besoin lors des prochains matchs.”

Ze Décla de l’adversaire ! Yo Mama !

Le point Croix-Rouge

Arsenal fera passer un test de dernière minute à Alexandre Lacazette mais devra se passer de Reiss Nelson.

Côté Sheffield, on évaluera la situation de John Fleck, Olie McBurnie et David McGoldrick.

Sheffield United: Henderson – Basham – Egan – O’Connell – Baldock – Norwood – Stevens – Lundstram – Fleck – McBurnie – Robinson

Arsenal: Leno – Bellerin – David Luiz – Holding – Tierney – Xhaka – Torreira – Guendouzi – Aubameyang – Lacazette – Pépe

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