La lettre ouverte de Bukayo Saka, sur les traces d’un prodige

Si Martinelli a explosé aux yeux du monde cette saison, la révélation de l’année à Arsenal s’appelle bel et bien Bukayo Saka. A tout juste 18 ans, le jeune Anglais d’origine nigériane affole les compteurs avec pas moins de 10 passes décisives cette saison. Est-il nécessaire de rappeler que Bukayo ne joue même pas à son poste lui qui a été formé ailier ? Profitant des blessures de Kolasinac et de Tierney, il apparait comme un indispensable désormais dans le onze des Gunners. L’équipe a d’ailleurs semblé transfiguré à sa rentrée face à Everton et la deuxième mi-temps plus compliquée coïncide avec sa baisse de régime. On imagine la décharge d’énergie, tant sur le plan physique que mental, d’enchaîner autant de minutes à son âge… Pour prendre un peu de recul, le numéro 77 revient sur son parcours qui l’a conduit à réaliser son rêve. Bukayo, le rêve peut continuer, il n’y a qu’à signer…

« J’étais sur la pelouse d’Old Trafford avant le match – c’était seulement ma deuxième titularisation en Premier League – et ça a fait tilt: je suis dans l’équipe première d’Arsenal. »

« J’étais venu 10 ans auparavant avec mon père, dans la tribune visiteurs en compagnie des supporters de Newcastle. Mon père a toujours été un grand fan de foot, il soutenait Newcastle car il adorait Alan Shearer. Je n’avais quasiment jamais été dans un stade, donc c’était un moment important pour moi, à 8 ans, d’aller voir un match. Mais voilà que j’y étais maintenant en tant que joueur. »

« Etre sur le terrain, regarder les fans dans les gradins, ça m’a vraiment frappé. J’ai compris ce qui était en train de se passer. »

« Pour être honnête, tout a commencé bien avant ça. Dès l’âge de trois ou quatre ans, je jouais au foot à la maison dans le jardin avec mon père et mon grand frère Yomi. »

« C’était toujours comme ça. Après l’école, on mangeait et ensuite on allait directement dans le jardin pour jouer au foot. On jouait pendant des heures. Mon père et mon frère voulaient rentrer mais je ne les laissais jamais. On continuait de jouer jusqu’à ce que je gagne. Je suis sérieux, vous pouvez leur demander ! Tant qu’ils gagnaient, je ne les laissais pas rentrer. »

« En grandissant, je jouais aussi sur la pelouse devant chez moi. J’adorais être dehors. Je n’ai jamais été très film par exemple mais j’admets que j’aimais les cartoons étant petit – en particulier Bob l’Eponge. J’adorais ça ! »

« J’ai grandi à Greenford, dans l’ouest de Londres avec ma mère, mon père et Yomi. Nous avons toujours été proches et on était tous sportifs. Mon frère jouait défenseur pour Watford jusqu’à ses 14 ans. »

« Les week-ends chez nous, tout tournait autour du foot. En général, mon père m’emmenait à Arsenal – je les ai rejoints quand j’avais 7 ans – et ma mère emmenait mon frère à Watford. J’ai passé beaucoup de temps dans la voiture de mon père lors de ces allers-retours. Je me rappelle qu’il y avait beaucoup de travaux autour d’Hale End, parfois ça nous prenait une heure et demi. Mais ça valait la peine. J’adorais ça. »

« J’aimais simplement jouer, mais je ne crois pas avoir jamais pensé sérieusement que j’arriverai en équipe première jusqu’à ce que je signe mon premier contrat professionnel à 17 ans. »

« En passant par les équipes de jeunes, année après année, vous voyez tous ces supers jours qui vous entourent – certains d’entre eux étaient les meilleurs de leur catégorie – et petit à petit on les laisse partir dans d’autres clubs ou certains arrêtent même complètement. »

« Donc on ne peut jamais être sûr qu’on va y arriver, mais je me disais que je donnerais toujours le meilleur de moi-même à chaque entraînement. Je voulais toujours apprendre pour devenir meilleur, je regardais toujours beaucoup de foot pour voir comment m’améliorer. Mais nous étions un grand groupe à Hale End, et même si nous avions beaucoup de joueurs de qualité, les entraîneurs disaient toujours « regardez autour de vous dans le vestiaire, seulement un voire deux d’entre vous feront un jour partie de l’équipe première ». On se regardait tous en se demandant qui ce serait. J’étais toujours déterminé à ce que ce soit moi, donc je voulais faire tout mon possible pour y arriver. »

« Je suis impatient parfois. Quand j’étais très jeune, j’avais beaucoup de problèmes de croissance, et c’était vraiment frustrant. J’ai eu des problèmes aux talons et aux genoux, mais ce sont des choses qui arrivent en grandissant. Mais à cet âge-là, on n’a pas de patience, je voulais jouer tout le temps. Je demandais toujours combien de temps ça prendrait avant que je puisse jouer sans douleurs. Mais avec du recul, je sais que ce n’était pas si grave. Je sais que d’autres sont passés par bien pire. »

« Ma mère et mon père m’ont toujours encouragé. Ils ne m’ont jamais empêché de jouer au foot, ils voulaient juste qu’il y ait un équilibre et que je m’intéresse aussi aux études. »

« En réalité, j’avais plutôt des bonnes notes, donc ils étaient contents de ce côté. J’ai eu quatre A* et trois A à mon GCSE [l’équivalent du bac en Angleterre, ndlr]. Mon cours préféré était évidemment le sport mais j’aimais aussi beaucoup les cours d’économie, j’ai eu un A* dans ce cours. »

« J’ai aussi eu la chance de beaucoup voyager quand j’étais plus jeune. Tous les ans, ma mère et mon père nous emmenaient à l’étranger. Bien sûr, nous sommes allés au Nigéria, d’où viennent ma mère et mon père, mais aussi à Dubaï, et en Amérique plusieurs fois parce que mes cousins vivent là-bas. Je me souviens de Chicago et LA, et de quelques autres villes aussi. »

« Je vis toujours avec mes parents, mais nous avons quitté Greenford maintenant, pour nous rapprocher du centre d’entraînement, et mon frère est parti à Reading pour aller à l’université. Mais nous sommes toujours très proches, c’était l’un des premiers à m’écrire après le match de FA Cup à Bournemouth quand j’ai été élu homme du match. Ma mère m’a aussi écrit pour me dire à quel point elle était fière. Mon père me dit toujours ce que j’aurais pu mieux faire, même quand je joue bien, et mes cousins et mes oncles me soutiennent aussi. Je sais qu’ils prient pour moi et qu’ils demandent toujours de mes nouvelles. »

« Mes débuts en équipe première l’année dernière étaient en Ukraine, donc ce n’était pas facile pour eux d’être présent, mais deux semaines plus tard, toute ma famille était là quand j’ai joué mon premier match à l’Emirates. C’était quelques mois après mon dix-septième anniversaire, contre Qarabag en Europa League, et on m’a dit que je serais titulaire la veille du match. Je n’ai pas pu dormir ! Mon père m’a dit que lui non plus. »

« Ils sont venus au match pour me soutenir et je me rappelle à quel point ils étaient heureux après le match. J’ai encadré mon maillot de ce match – il est sur le mur à la maison. »

« Je n’oublierai jamais ce jour. J’avais d’ailleurs eu une grosse occasion de marquer dans ce match aussi, mais j’ai appris de ça, et maintenant je veux continuer à apprendre. »


Source: https://www.arsenal.com/news/bukayo-saka-my-own-words

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