La lettre ouverte de Dani Ceballos: “Je suis prêt à tout pour prendre les trois points”

Qui n’avait pas placé de grands espoirs à la signature de Ceballos l’été dernier? Des débuts ultra prometteurs face à Burnley et depuis silence radio ou presque. De mornes performances sous un Emery en bout de course, une blessure qui l’aura tenu écarté des terrains pendant deux mois, pas de quoi se mettre en valeur. Alors qu’on n’y croyait plus, revoilà notre numéro 8 titulaire pour un match de Premier League face à Newcastle dimanche dernier. Premières minutes jouées pour les Gunners depuis début novembre 2019, il y a 3 mois et demi… Et voilà que l’Espagnol nous sort une performance taille patron avec plus de 100 ballons touchés, un taux de passes réussies dépassant les 95% et une vraie capacité à trouver des décalages devant une défense très regroupée. L’effet Arteta? Peut-être, surement même. Mais l’entraîneur n’en tire aucun crédit. Il a simplement salué le changement d’attitude du joueur prêté par le Réal Madrid. Alors le déclic pour Dani? Lui se dit prêt à tout pour l’emporter. Il lui reste 3 mois pour nous le prouver.

« Il y a une histoire que j’aime raconter sur le but le plus compliqué que j’ai mis dans ma carrière. »

« Pas le plus compliqué au niveau technique ni une frappe de 30 mètres ni parce que j’avais éliminé six ou sept joueurs. Non, c’était le plus compliqué au niveau émotionnel. »

« Je suis né à Utrera, dans la même ville que José Antonio Reyes, et j’ai commencé à jouer au football quand j’étais très jeune, probablement à cinq ou six ans. Dans cette région, on peut supporter deux équipes : le Betis ou Séville. J’ai toujours adoré le Betis. »

« Je me souviens que j’avais un an de moins que tous les autres joueurs dans mon premier club, Utrera, mais à chaque fois qu’il y avait un tournoi amical ou un match, l’entraîneur me faisait jouer. »

« Je m’en sortais bien et c’est là que ma connexion avec le football a commencée. J’ai pu continuer à me développer en tant que joueur et au final le Betis m’a donné l’opportunité de réaliser mon rêve de devenir footballeur professionnel. »

« Je dois tout au Betis. C’est le club qui m’a soutenu et a assez cru en moi pour que je puisse devenir footballeur. Le Betis, c’est ma maison – il a une place à part dans mon cœur. »

« Avance rapide jusqu’au 13 janvier 2019 et essayez d’imaginer à quel point ce match était difficile pour moi. J’en étais à la moitié de ma seconde saison au Réal Madrid et j’étais sur le banc pour notre match de Liga contre le Betis au stade Benito Villamarin. Ma maison. »

« J’étais déjà revenu une fois avec Madrid et je n’avais pas joué, donc je n’y prêtais pas beaucoup d’attention. Mais ce coup-ci, je suis rentré sur le terrain à 15 minutes de la fin alors que le score était de 1-1. Arrive la 88ème minute, nous obtenons un coup franc et donc une chance de remporter le match – je ne pouvais laisser cette chance à personne d’autre. »

« Beaucoup de personnes n’ont pas compris pourquoi j’ai tiré ce coup franc, mais quand on y pense, j’avais une chance de marquer et j’étais un joueur du Real Madrid. C’était probablement l’un des buts les plus difficiles de ma carrière, parce que cela revenait à prendre 3 points face à mon ancien club, mais le plus important, c’est d’être professionnel et faire de son mieux pour le club que l’on représente. »

« C’était un sentiment étrange de porter un maillot différent à Séville et je dois avouer que je n’étais pas très content de la façon dont j’ai quitté le Betis, mais on ne contrôle pas toujours tout. J’ai passé cinq ans comme joueur professionnel au Betis et je pense que j’y ai connu certains de mes meilleurs moments dans le football. »

« Je me rappelle de mes débuts, contre la Real Sociedad en 2014 où je suis sorti du banc. C’est un souvenir ambivalent pour moi puisque bien que j’ai eu la chance de faire mes débuts dans ce match, il s’est terminé par la descente du club en seconde division. »

« C’était un crève-cœur pour moi. Il faut bien comprendre que le Betis est un club qui devrait toujours être en première division. Faire mes débuts, c’est un beau souvenir mais en même temps, ce n’est pas vraiment le cas parce que c’était le match qui a entériné notre relégation en deuxième division. »

« La saison suivante, j’ai beaucoup joué mais je n’ai pas commencé la saison avec l’équipe première – mais avec l’équipe B. Petit à petit, j’ai gagné la confiance de l’entraîneur de l’équipe B, je suis devenu un joueur important pour eux et j’ai eu l’opportunité de disputer trois ou quatre entraînements avec l’équipe première. »

« J’ai fait mes débuts en tant que titulaire contre Lugo en Coupe du Roi, si je me souviens bien, et j’ai joué 120 minutes – les 90 minutes plus les 30 minutes de prolongations. Je pense que c’est le match le plus spécial de ma carrière au Betis parce que nous jouions à domicile et nous avons réussi à nous qualifier pour le tour suivant. »

« Au final, j’ai joué 33 matchs cette saison et j’ai beaucoup apporté à l’équipe avec 7 buts et cinq passes décisives. Je me souviens que cette année en seconde division était très spéciale, une année très positive pour moi. »

« En fait, quand j’y repense maintenant, je n’ai que des souvenirs positifs du Betis. Un joueur de football a toujours des hauts et des bas, mais au Betis, j’ai eu tellement de moments positifs. Le Betis était toujours là pour moi. »

« J’ai passé environ quatre ans là-bas et même si le club n’était pas au mieux quand j’y étais, j’ai toujours fait de mon mieux pour m’assurer que le club reste en première division, où il méritait d’être selon moi. Ils ont progressé très rapidement depuis – en vendant Fabian Ruiz et moi, ils ont pu reconstruire et maintenant ils sont considérés comme une des sept meilleures équipes d’Espagne. »

« Au moment du Championnat d’Europe des moins de 21 2017, il ne me restait plus qu’un an de contrat au Betis. Je n’ai jamais eu d’offre du Betis pour rester au club, ce n’est qu’après l’Euro qu’il y a eu beaucoup de clubs intéressés parce que j’avais été élu Joueur du Tournoi. »

« Avoir beaucoup de grands clubs qui s’intéressent à vous grâce à votre forme pendant la saison et pendant un tournoi, je ne crois pas que ce soit le genre d’opportunité qu’on puisse refuser. On n’a pas deux fois l’occasion de signer dans un club comme le Réal Madrid, donc j’ai fini par les rejoindre. »

« Je me souviens encore d’en avoir discuté avec Joaquin. Il a eu une carrière extraordinaire et à un moment Madrid s’intéressait à lui, donc un jour il est venu m’en parler. Il m’a dit « Dani, si un jour Madrid te veut, n’y réfléchis pas deux fois. L’un de mes regrets, c’est de n’avoir jamais porté la tunique blanche. » »

« J’ai donc signé au Réal Madrid et laissez-moi vous dire que lorsque l’on débarque au Réal, il faut être très fort mentalement et bien comprendre dans quel genre de club on arrive. Il faut se rendre compte qu’ils ont plus ou moins les meilleurs joueurs du monde à chaque poste. »

« Ce n’est pas facile de rejoindre un si grand club à tout juste 20 ans, mais j’ai vécu deux très bonnes années là-bas et j’ai beaucoup appris avec certains des meilleurs joueurs du monde. Peut-être que je n’ai pas joué autant que ce que j’aurais aimé, pour quelque raison que ce soit, mais ces deux ans ont fait de moi un meilleur joueur. »

« Comme je l’ai dit, je n’ai eu que peu d’opportunités au Réal, donc j’avais besoin de temps de jeu cette saison. Je connaissais Hector Bellerin avec l’équipe d’Espagne et je m’entends très bien avec lui en dehors du terrain. Je lui ai dit que je pensais rejoindre Arsenal et il m’a dit de foncer parce que c’est un grand club dans une ville géniale et que j’allais adorer. »

« Arsenal est un très grand club qui a tout ce qu’il faut pour être un des meilleurs clubs du monde – et je pense que tout est déjà en place. J’ai toujours la même ambition qu’en arrivant ici : je veux absolument aider l’équipe à atteindre ses objectifs et je suis vraiment content de pouvoir aider. »

« Les fans sont vraiment passionnés ici et ils aiment les joueurs. C’est beaucoup plus facile pour moi de m’adapter parce que je me sens comme si j’avais toujours été au club. J’adore la façon dont tout le monde me traite. Tout le monde croit beaucoup en moi. »

« J’ai aussi eu à surmonter quelques obstacles depuis mon arrivée. Dans un championnat comme la Premier League, l’intensité est très élevée et la période d’adaptation est un peu plus compliquée. J’ai aussi eu la malchance d’avoir ma première blessure après six ou 7 ans de football professionnel. »

« C’est arrivé à un moment où l’équipe était un petit peu dans le dur, donc c’était très difficile pour moi de regarder les matchs à la maison parce que je me rendais compte que l’équipe traversait un moment difficile et c’était exaspérant de ne pas pouvoir aider. Je suis de retour dans l’équipe à présent et j’essaye de tout donner pour aider l’équipe à récupérer les points que nous avons laissés en route en première partie de saison. »

« Il faut être réaliste. Nous sommes loin des leaders de la Premier League mais notre objectif c’est de prendre les matchs les uns après les autres et de nous améliorer. Nous avons un nouvel entraîneur et nous sommes toujours en course dans trois compétitions avec la FA Cup et l’Europa League. »

« Je pense que nous devons continuer à nous serrer les coudes et tout faire pour jouer un football attractif pour faire plaisir aux supporters. Mais le plus important, c’est de gagner, et comme vous l’avez compris maintenant, je suis prêt à tout pour prendre les trois points. »


Source: https://www.arsenal.com/news/dani-ceballos-my-own-words

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