La TaKetiK – Analyse de Chelsea v Arsenal (3-2)

Samedi dernier, Arsenal s’est une nouvelle fois incliné en championnat. Deuxième défaite en autant de rencontres de Premier League pour Unai Emery et ses hommes. Mais encore une fois des enseignements et des motifs d’espoir. 

Quitte à bien commencer ce nouvel exercice, les Gunners se déplaçaient sur le terrain d’un rival Londonien, Chelsea, une semaine après avoir défié le champion en titre. Un nouveau choc face à un entraîneur connu et reconnu pour ses qualités de tacticien, Maurizio Sarri.

Les compositions

Chelsea se présentait dans un 4-3-3 désormais imposé par Sarri. Bien que revenu de la Coupe du Monde, Eden Hazard démarrait le match sur le banc laissant sa place à Willian, Pedro et Alvaro Morata pour animer l’attaque. Derrière, Ross Barkley, Ngolo Kanté et Jorginho formaient le milieu de terrain. La défense était composée de Marcos Alonso, David Luiz, Antonio Rudiger et Cesar Azpilicueta. Le gardien le plus cher de l’Histoire, Kepa, était aux buts.

Côté Arsenal, Unai Emery avait décidé d’aligner un 11 surprenant. Exit Aaron Ramsey remplacé par Alex Iwobi. Le jeune Nigérian accompagnait PEA, Henrikh Mkhitaryan et un Mesut Özil aligné meneur de jeu. Derrière, le coach espagnol conservait sa confiance envers Matteo Guendouzi aux côtés de Granit Xhaka. Seul changement à noter dans la défense, le retour de Nacho Monreal en lieu et place d’un Ainsley Maitland-Niles blessé. Petr Cech était donc bien confirmé aux buts.

Chelsea installe sa géométrie

Comme face à Manchester City, Arsenal avait décidé de tenter d’empêcher l’adversaire de jouer et de progresser. Mais il est intéressant de noter que cette volonté ne s’est pas traduite de la même façon. Un pressing moins direct et une utilisation des espaces plus importante devait permettre à Arsenal de couper toutes les solutions de passes des joueurs de Chelsea.

Dès les premières relances, Arsenal est présent et haut sur le terrain. Ainsi, chacun des trois joueurs de devant occupent un espace leur permettant de couvrir deux solutions de relance éventuelles. Alex Iwobi couvre à la fois Apzi et Rudiger, PEA couvre Rudiger et Jorginho redescendu bas pour aider à la création, Mkhitaryan occupe un espace entre Jorginho, David Luiz et Marcos Alonso. Mesut Özil se contente d’empêcher les relances vers Ross Barkley au milieu de terrain. 

Chelsea tente alors de se défaire du marquage des Gunners. Rudiger descend encore davantage vers sa ligne de corner, et Kanté depuis le milieu de terrain descend également vers les abords de la surface de réparation. Alex Iwobi doit suivre ces mouvements. Azpilicueta en profite pour prendre son couloir. 

Kepa joue avec un Azpi libre sur son côté droit. Suivi par Iwobi dans son dos et très vite pris par un Guendouzi l’empêchant de contrôler le ballon, le latéral espagnol joue en une touche vers un Ngolo Kanté qui est remonté pour offrir une solution au milieu du terrain. D’abord au marquage devant Barkley, Özil anticipe et se rapproche du milieu défensif français. Au marquage sur Azpi, Guendouzi anticipe lui-aussi la remise et se prépare à gratter un ballon. A l’opposé, Henrikh Mkhitaryan rentre dans l’axe côté opposé. 

L’anticipation de Mesut Özil et le retard de Kanté permet à l’Allemand de très vite jouer sur un Guendouzi libre dans le dos du milieu défensif français. Guendouzi remet alors à Henrikh Mkhitaryan dans l’axe du terrain. Une récupération rapide et haute d’Arsenal qui lui permet de se retrouver en situation favorable proche du but adverse. 

Profitant de l’espace libéré, PEA effectue un appel vers le but. Mkhitaryan lui donne en une touche. Le Gabonais frappe mais son tir en première intention, trop croisé, n’inquiète pas le gardien de but adverse. 

C’est donc avec ces intentions-là qu’Arsenal a commencé la partie. Des intentions nobles qui auraient dû inquiéter les Blues et mettre les Gunners dans d’autres situations comme celle-ci.

Mais très vite, le mouvement des joueurs de Chelsea va permettre aux Blues de se libérer de tout marquage et de bouger le bloc rouge et blanc. Profitant de leur vitesse de déplacement, et notamment des milieux récupérateurs d’Arsenal, Ngolo Kanté et Ross Barkley vont fausser compagnie à Matteo Guendouzi et Granit Xhaka grâce à leur avantage de mobilité, et ouvrir des espaces dans un milieu de terrain dépeuplé. Ce retard permet à Chelsea de faire tourner le ballon assez facilement et de petit à petit faire monter son bloc et asseoir sa domination. Les déplacements incessants de joueurs de Chelsea permettent toujours de libérer un joueur, qu’il se libère par sa capacité individuelle à se démarquer, ou qu’il profite de mouvements du bloc de droite à gauche, et inversement.

Très vite, les joueurs de Chelsea vont tout faire pour se donner un avantage sur le côté gauche de leur attaque. Bellerin est pris pour cible. Comme face à Manchester City, Chelsea tente tantôt de jouer dans le dos du défenseur des Gunners grâce à des combinaisons en triangle, tantôt en permettant à son ailier (en l’occurrence Willian) de se retrouver en un-contre-un face à son défenseur. Dès la première minute de jeu, le point faible de la défense d’Arsenal était trouvé et ciblé.

Suite à une récupération des Blues sur leur côté droit, le ballon est rapidement envoyé côté gauche grâce notamment à la projection de Ross Barkley. Le ballon est entre le pied d’un Jorginho qui trouve un relai intérieur avec Barkley. L’anglais remet en une touche vers son latéral Marcos Alonso. De son côté, Bellerin tente de sortir au contact sur Barkley mais l’Espagnol est déjà en retard. 

Dans la suite de l’action, Willian profite de l’absence de Granit Xhaka pour plonger dans le dos d’un Hector Bellerin désormais au contact de Barkley. L’Anglais décale un Marcos Alonso qui sait déjà où mettre le ballon, en une touche de balle. Le ballon part en une touche de balle mais la vitesse de Bellerin lui permet de renvoyer la passe d’Alonso au loin. Le ballon n’arrive donc pas à Willian mais les décalages sont déjà identifiés et trouvés. 

Autre action intéressante pour évoquer le ciblage du côté droit d’Arsenal par Chelsea quelques minutes plus tard. Arsenal s’est également illustré par sa volonté de fermer l’axe lorsque le ballon était côté opposé. Ainsi lorsque le ballon était dans les pieds de Chelsea du côté de Marcos Alonso et Willian, c’était naturellement Alex Iwobi qui délaissait son marquage sur Azpi pour venir couvrir intérieur et refermer l’axe, empêchant ainsi les relances vers Ngolo Kanté. Et inversement lorsque le ballon était côté droit pour Chelsea.

Le ballon est dans les pieds de Rudiger qui place son corps afin d’orienter le jeu vers la droite. Iwobi sort sur le latéral de Chelsea, Özil est au marquage sur le central allemand et empêche les relances intérieures vers Jorginho. Le milieu Guendouzi, Xhaka et Mkhitaryan se forme. Le français est au marquage de Kanté, et l’Arménien rentre dans l’axe pour fermer sur Ross Barkley. 

Deux secondes plus tard, sur ce nouveau plan large, la tendance d’Arsenal à fermer côté ballon se confirme. Et Bellerin suit évidemment le mouvement. Absent de ce plan, Willian colle la ligne sur son côté gauche. Rudiger décide de l’alerter. Le long ballon du central allemand est merveilleusement bien donné mais le Brésilien est hors-jeu de très peu. 

Vous l’aurez compris, le coté de Bellerin est ciblé. Et les triangles sur ce côté gauche de Chelsea permettent aux Blues de trouver d’énormes décalages. C’est d’ailleurs de cette façon que Chelsea inscrit le premier but de la rencontre dès la 9ème minute.

Relance rapide de Chelsea côté gauche par l’intermédiaire de Marcos Alonso. L’espagnol prend de vitesse Mkhitaryan et arrive à trouver Willian qui s’est défait du marquage de Bellerin en apportant une solution en soutien. L’ailier brésilien fait face à un Jorginho qui sait déjà ce qu’il doit faire une fois le ballon arrivé. 

Très intelligemment, Willian porte le ballon vers l’intérieur pour écarter encore davantage Bellerin et le mettre hors de zone. La passe vers Barkley est impossible, Willian remet donc en retrait vers Jorginho. Mkhitaryan, les yeux rivés vers le ballon ne voit pas Alonso partir et est donc éliminé très vite. Le couloir est laissé complètement libre. 

Mkhitaryan pris de vitesse, Alonso reçoit le ballon en profondeur. Le latéral a donc le temps de lever la tête et effectuer un centre. La défense centrale d’Arsenal est elle-aussi prise de vitesse. Pedro a lâché son côté droit pour venir dans l’axe reste dans le dos de Mustafi. L’Allemand doit couvrir Morata au premier poteau. Le centre d’Alonso finit donc dans les pieds de Pedro qui inscrit le premier but de la rencontre. Chelsea mène 1-0. 

Ce but de Chelsea concrétise une nette période de domination des locaux. Mais plus encore, elle est symptomatique des difficultés pour Arsenal à tenir défensivement avec ces idées précises. De manière assez évidente, il est notable de se rendre compte qu’une volonté d’aller chercher haut l’adversaire oblige toute l’équipe à jouer haut et donc à tenir une ligne défensive très haute dans le dos de laquelle il y aura un très grand espace et des possibilités intéressantes pour une équipe mobile sachant les exploiter. La seconde chose la plus problématique à régler est sans aucun doute la couverture des latéraux. Dans sa volonté d’aller chercher haut, Emery encourage les latéraux à faire de même, à droite comme à gauche. Et si Arsenal n’a pas été mis en difficulté sur le côté de Nacho Monreal, il l’a considérablement été sur le côté d’Hector Bellerin. Le problème principal ? L’absence totale de couverture des latéraux lorsque ceux-ci décident de sortir très haut sur leurs adversaires.

Seulement 10 minutes après le premier but, Chelsea en inscrit un second par l’intermédiaire d’Alvaro Morata. L’Espagnol lancé dans la profondeur par sa défense, prend de vitesse et se joue littéralement d’un Shkodran Mustafi qui ne peut que constater l’étendu des dégâts. Si d’un point de vue tactique, ce but ne revêt pas un intérêt capital, il illustre et révèle une nouvelle fois l’incapacité de cette défense-là à s’aligner aussi haut.

Arsenal trouve ses circuits de jeu: on compte 2 buts et 4 morts en tribunes

Une grande partie de l’intérêt tactique de cette rencontre s’est vue en première mi-temps. La seconde n’a été qu’un doux et lent recul progressif de l’équipe d’Arsenal jusqu’au but victorieux de Marcos Alonso à la 81ème minute pour Chelsea.

Parti comme il l’était, le match aurait pu être une catastrophe pour Arsenal. Mais à 1-0, puis à 2-0, Arsenal a continué à se procurer des occasions franches de but. Le plus important est qu’il nous a permis de déceler des constantes d’occupation d’espaces de la part des joueurs d’Arsenal.

A dire vrai, quelques minutes avant le premier but des Blues, Arsenal avait déployé sa première attaque intéressante, redoublant de mouvements sur le côté gauche de son attaque.

Arsenal tente de se relancer de derrière, Chelsea presse haut. Le ballon est entre les pieds de Sokratis. Les joueurs de Chelsea sont au marquage. Ngolo Kanté sort pressé haut sur le porteur de balle ce qui laisse un espace dans son dos. Pedro doit le combler et décide de ne pas se jeter sur Monreal. Le ballon arrive alors dans les pieds du latéral espagnol. 

Kanté sorti haut pour gêner la première relance, le milieu de terrain est déserté. Jorginho qui était sorti sur Guendouzi essaie de redescendre. Mesut Özil se place donc dans le dos de l’italo-brésilien. Azpilicueta, pris entre deux joueurs doit sortir sur Özil mais son hésitation le met en retard. 

Azpi sorti, c’est Alex Iwobi, collé à la ligne, qui plonge dans le dos du latéral et est servi par Monreal. Azpi qui poursuit le nigérian laisse Özil libre de tout marquage, Mkhitaryan est également libre dans le rond central. La défense défend en courant vers son but.

Balle au pied, Iwobi temporise et attend la montée de Nacho Monreal. Seul sur son côté, le latéral espagnol, oublié par Pedro notamment, déborde. Mesut Özil et Henrikh Mkhitaryan restent très axiaux mais en retrait. La présence de ces deux joueurs ainsi que celle de PEA au second poteau oblige donc Azpi, David Luiz et Marcos Alonso à fermer l’axe pour ne pas se retrouver en infériorité numérique aux abords de la surface. c’est donc Rudiger qui coulisse à droite pour fermer sur Monreal. 

Monreal reçoit le ballon et centre en une touche de balle vers un Mesut Özil resté en retrait. L’allemand devance Azpi mais son tir décroisé n’est malheureusement pas cadré. 

Le centre en retrait a été l’arme principale d’Arsenal au cours de cette rencontre. Et c’est cette occupation d’espace, et la prise d’espaces libres dans le dos des latéraux qui a permis de déboucher sur des occasions pour Arsenal. Parfois par l’intermédiaire de décalages “lents” qui ont nécessité 4/5 passes pour arriver à pouvoir centrer en retrait comme ce fut le cas ci-dessus. Parfois plus rapidement. Menés 1-0, les Gunners vont se procurer l’une de leurs plus belles occasions. Et par conséquent, l’un de ces plus gros ratés.

Sur cette action, le décalage est trouvé beaucoup plus rapidement. Il permet surtout de mettre en exergue le travail des latéraux dans ce match. Monreal et Bellerin sur leur côté se trouvent très haut. La défense est en place, protégée par trois milieux de terrain. Devant, Iwobi, Mkhitaryan et Aubameyang restent très axiaux pour créer une incertitude de placement pour les défenseurs de Chelsea. La présence d’Aubameyang entre David Luiz et Marcos Alonso oblige le latéral espagnol à couvrir dans l’axe pour protéger David Luiz et compenser sa lenteur face à un éventuel appel du Gabonais. Bellerin lance alors un appel vers le but. Guendouzi nous gratifie d’une superbe passe qui arrive à destination. 

A l’instar d’Özil 10 minutes plus tôt, PEA reste en retrait et se crée de l’espace dans la surface de réparation. Bellerin centre en retrait vers un Gabonais qui ne peut que transformer l’essai entre les poteaux.

L’arme du centre en retrait a été extrêmement efficace pour Arsenal dans une rencontre où les décalages ont été souvent trouvés en première période. Si Henrikh Mkhitaryan relance son équipe à la 37ème minute en inscrivant un but à l’entrée de la surface suite à nouveau centre en retrait d’Iwobi, c’est bien l’ailier nigérian qui permet à Arsenal d’égaliser. Deux buteurs qui ont chacun manqué deux grosses occasions dans cette rencontre.

Le but d’Iwobi est d’ailleurs impressionnant dans sa construction. Il vient alors ponctuer une série de 19 passes réalisées par les Gunners, depuis leur défense centrale jusqu’au but. Un modèle de ce que les hommes d’Emery veulent installer.

Un but de très grande qualité collective de la part des Gunners. Mouvement, sortie de balle propre, disponibilité dans le premier tiers du terrain, mise hors de zone des milieux et mise à profit de ces déséquilibres. Arsenal revient à 2-2 à la pause.

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La seconde mi-temps de cette rencontre entre Chelsea et Arsenal n’aura pas été aussi intéressante que la première. Beaucoup moins enlevée, un Chelsea qui met beaucoup plus le pied sur le ballon et profite d’un pressing d’Arsenal bien moins intense.

En ce début de seconde mi-temps, Arsenal essaie encore de mettre le pied sur le ballon et de profiter de l’euphorie de la fin de la première période. Mais si les circuits de passe étaient trouvés par les Gunners en première mi-temps, ils ne le sont plus après la 46ème minute. Beaucoup d’imprécisions techniques ne permettent pas de retrouver ces échanges qui ont permis aux joueurs d’Emery de se retrouver en situation favorable. Ce manque de justesse est conjugué avec une volonté d’aller très vite de l’avant. Trop vite. Le milieu alors composé de Torreira et Guendouzi – le lutin uruguayen a remplacé Granit Xhaka, averti, à la pause – est sauté et ne sert plus de relais ou de rampe de lancement. La défense de Chelsea étant plus haute, la défense Sokratis – Mustafi abuse de longs ballons dans la profondeur, des ballons qui ne permettront pas de déstabiliser la défense bleue. Petit à petit, Arsenal perd la maîtrise. Arsenal recule, ne presse plus pour empêcher les premières relances, Chelsea fait remonter son bloc.

Au cours de cette rencontre, et aussi étrange que cela puisse paraître, le travail défensif de Mesut Özil était essentiel. Tout au long de ces quelques 68 minutes passées sur la pelouse de Stamford Bridge, l’Allemand avait une mission principale : couper les passes vers Jorginho et empêcher l’italo-brésilien de recevoir le ballon. Ciblé comme circuit préférentiel de construction et relance rapide, Jorginho s’est petit à petit défait d’un pressing bien plus lâche de l’Allemand en seconde période. Permettant ainsi à Chelsea de nettement poser le pied sur le ballon. Et la maîtrise technique de Chelsea force Arsenal à subir. Les Gunners sont à nouveau en retard dans les duels, ne jaillissent plus sur les pertes de balle et ne récupèrent plus les seconds ballons. Et Jorginho est à la baguette pour permettre aux Blues de se procurer des occasions. Le milieu de terrain est pas loin de délivrer une passe décisive pour Morata à la 62ème minute, mais l’attaquant espagnol est signalé hors-jeu.

Entouré en bleu sur l’image ci-dessus, Jorginho joue bien plus haut. La défense de Chelsea est à 45 mètres du but d’Arsenal. Mesut Özil se replace mais est beaucoup trop loin du milieu de terrain. Pour libérer l’axe du terrain, Ngolo Kanté fait un appel vers l’extérieur. Torreira est obligé de le suivre, l’espace se crée au milieu de terrain. 

Azpi délivre une passe entre Iwobi et Özil pour toucher un Jorginho qui dispose d’énormément d’espace dans l’axe du terrain face au but de Cech. Torreira est emporté vers la droite par Kanté, Monreal est aspiré par Pedro qui mange sa ligne. 

Sokratis sort de sa défense pour aller aux devants de Jorginho. Morata en profite pour passer dans le dos de Mutafi et faire un appel vers la zone laissée libre par le défenseur central Grec. Jorginho le sert mais l’espagnol est sifflé hors-jeu. 

En conférence de presse d’après-match, Unai Emery justifiait son choix de sortir Mesut Özil et de le remplacer par Aaron Ramsey. Pour le technicien espagnol, le travail défensif de l’Allemand n’était plus suffisant et son absence de pressing sur Jorginho permettait aux Blues de faire monter leur bloc et de pousser Arsenal à défendre dans ses 25 derniers mètres.

Ramsey rentre alors mais les problèmes d’Arsenal ne cessent pas pour autant. Eden Hazard entré en jeu, le Gallois est contraint de venir aider son milieu de terrain face au Belge qui  – dans un profil très différent de celui de Willian – ne cesse d’entrer dans le cœur du jeu pour apporter un surnombre et combiner avec ses partenaires. Chelsea continue sa marche en avant.

Profitant d’une mauvaise passe en retrait d’un Alexandre Lacazette entré en jeu quelques minutes plus tôt en lieu et place d’Alex Iwobi, Chelsea récupère un ballon proche de la surface d’Arsenal. Et sur le côté gauche, Hazard décalé par Alonso percute et centre pour le latéral espagnol qui convertit l’occasion. Chelsea l’emporte 3-2.

Conclusion

Malgré une prestation encourageante, Arsenal s’incline une nouvelle fois. Et une nouvelle fois face à un concurrent direct dans la course à la qualification pour la prochaine Ligue des Champions.

Un état d’esprit étrange nous habite après cette rencontre. Nous avons vu de très belles combinaisons offensives, c’est une certitude. Arsenal a réussit à trouver des circuit de passes et de déplacements qui ont permis de mettre l’adversaire hors de position et de se créer de réelles occasions. En étant plus réalistes, les Gunners auraient dû l’emporter 6-3.

Mais plus inquiétant, la défense d’Arsenal est toujours aussi friable et il nécessite d’y accorder une attention toute particulière dans la préparation des matches suivants. La protection des latéraux, la hauteur de la ligne de défense si le pressing n’est pas plus agressif direct sont autant de questions qu’il faudra régler pour ne pas que chaque équipe défiant les Gunners imitent Citizens et Blues et tentent d’en profiter, avec plus ou moins de réussite.

Enfin, le rôle de Xhaka face à des équipes qui pressent et mettent de l’intensité très haut sur le terrain reste sans aucun doute un mystère. Sans doute, et l’avenir nous le dira, la concurrence avec Torreira permettra de répondre à cette question.

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