Récit de Gooner : « 24 heures de battements de cœur pour Arsenal ! »

Glunki, 22 ans et membre du forum, s’est rendu pour la 3ème fois à l’Emirates Stadium pour supporter les Gunners. Il raconte son récit du match Arsenal – Bournemouth (3-0) !

« J’arrivais à Heathrow (plus grand aéroport d’Europe) avec seulement 3 heures de sommeil « dans mes bagages ». Je savais que la journée allait être longue et difficile…Mais je pensais au match, ce qui me donnait l’énergie dont j’avais besoin pour continuer sans fermer les yeux…et j’étais surtout bousculé par mes 2 compagnons de voyage lorsque j’osais fermer l’œil.

Nous avions une mission : aller voir un match d’Arsenal et revenir chez nous le même jour !

Aujourd’hui, 9 septembre 2017, Arsenal affronte donc Bournemouth. Qui donc avait peur de Bournemouth ? Personne. Eh bien moi, si. Ce n’est pas tant l’équipe de Bournemouth qui me faisait peur, mais mon équipe, celle que je supporte depuis toujours, Arsenal. Mon équipe venait de subir deux défaites en trois journées de championnat. La première contre Stoke City et la deuxième contre Liverpool. Cette dernière fût une catastrophe pour tous ; joueurs, entraîneur, supporters, fans ; et l’idée que nous ne puissions (pas) nous ressaisir ne cessait de me hanter ! Pourtant j’étais là pour eux ! J’étais là pour NOUS !

Il faut dire que j’ai porté chance à Arsenal lors de mes visites à l’Emirates, nos adversaires sont repartis avec un joli 4-1 (2014) et un 3-1 (2015). Comme un signe du destin, je devais aider cette fois-ci mon équipe à se relever en mettant une bonne raclée à Bournemouth ! (J’avoue, j’en fais trop, mais croyez-moi, j’étais à fond derrière Arsenal).

Mais avant cela, je devais me libérer l’esprit et quoi de mieux que de devenir un consommateur de plus parmi les milliers d’autres à Londres. J’effectue mon shopping et me remplit le ventre. Un supporter mal rassasié est un mauvais supporter (je ne sais plus de qui est cette phrase, mais ça doit être vrai) !

J’étais en tribune 123 pour ceux qui connaissent l’Emirates. Ce n’était pas mon choix, mais au final, ce fût un choix payant. La tribune 123 n’est pas reconnue pour abriter les locaux (Londoniens), il y a beaucoup d’étrangers, dont moi et beaucoup d’autres francophones. Mais ce jour-là, j’avais un anglais à ma gauche et quelques autres derrière moi. Et pour moi, quoi de mieux que d’entendre « beugler » ces Anglais. Je me sens Londonien près d’eux.

Les joueurs entrent sur le terrain pour l’échauffement, je sens mon cœur battre, des frissons me traverser le corps, j’applaudis mon équipe. Il est parfois impossible de décrire ce sentiment d’espoir, mélangé à de la joie et un peu d’angoisse que l’on ressent avant le match. Ce sentiment où l’on se dit qu’on est les meilleurs, qu’on va gagner, puis on doute un instant… puis on se reprend en applaudissant plus fort pour se donner l’impression qu’on va y arriver.

J’attends avec impatience le début du match. Le temps s’arrête, c’est long, même très long…J’ai l’impression d’entendre un Emirates vide pourtant quasi-complet. Puis l’arbitre siffle, le match commence, l’Emirates (se lève et) applaudit, je fais de même.

Tout était parfait pour que notre match soit une réussite.

Moins de 6 minutes après le début du match, notre attaquant anglais ouvre le score. Quelle joie ! Oui sa tête était nulle et pas impressionnante, mais au point où nous en étions, ce qui comptait, c’était que la balle soit dans les filets du gardien adverse. Welbeck débloquait Arsenal et par la même occasion les quelques 60 000 fans dans le stade. Lorsque je parlais de choix payant pour la tribune 123, c’est parce qu’elle se situe en hauteur derrière le but de notre adversaire, pour la première mi-temps, évidemment.

Les minutes passaient et j’avais du mal à y croire : Arsenal jouait comme Arsenal (le vrai Arsenal) ! Certes notre adversaire se nommait Bournemouth, mais Arsenal m’a tout de même fait rêver ce match-là. Des belles passes, des belles actions défensives (même si plutôt rare), et pleins d’occasions offensives. Tout était parfait pour que notre match soit une réussite. Je ne retiendrai pas les quelques loupés devant le but de certains de nos joueurs, à vrai dire, je ne m’en rappelle même plus tellement leurs bonnes prestations ont supprimé ces mini-échecs.

Le stade n’était pas très enflammé, comme je pouvais m’en douter. On entendait par-ci et par-là des chants de supporters, mais rien de très concret pour ajouter la dose de frisson qu’il faut à un match ! L’Emirates dort !

Mais je ne suis pas là pour écouter l’Emirates (Bien que cela est plaisant, je le concède), je suis là pour mon équipe. Là, arriva ce qu’il devait arriver : Özil se réveilla. Il fît une passe à Lacazette. Au moment où le ballon quitta les pieds d’Özil, il ne fallut que quelques seconde pour qu’un brouhaha raisonne dans l’Emirates. Nous savions tous que cette passe allait créer quelque chose de magique, et ce fût le cas. GOAL ! Lacazette met la balle au fond des filets, une frappe magnifique que le gardien ne pût arrêter. Oui, j’ai omis la passe de Welbeck… tant pis, la passe d’Özil mérite qu’on s’y attarde plus. Le public est fou de joie, Arsenal mène 2-0 !

Mais pour moi, ce n’était pas assez. Il fallait qu’Arsenal montre que Stoke et Liverpool n’étaient que des erreurs et que nous sommes capables du meilleur aussi.

Arrive la mi-temps. Je regarde les statistiques du match sur l’écran géant : Bournemouth, 0 tir. C’est vrai qu’on avait du mal à se souvenir d’une quelconque attaque de Bournemouth. Nous, nous étions à 8 frappes, dont 5 cadrées et surtout, du beau jeu ! Mon Arsenal était de retour !

Les joueurs sont de retour sur le terrain, le public applaudit, il retrouve ses joueurs. Pourtant quelques minutes après le début de la seconde mi-temps, Kolasinac offre un ballon à Bournemouth sur une mauvaise touche. Il s’attire les foudres du public, à raison, puisque sa perte de balle va mener à une action très dangereuse de Defoe. Quelques minutes plus tard, Danny Welbeck, sur une récupération de Lacazette puis une passe de Ramsey affole les supporters d’Arsenal pour la troisième fois (et la seconde pour lui). 3-0, je suis comblé ! Même si mon cœur recherche encore un goal, pour terminer sur un 4-0, pour contrebalancer le match contre Liverpool.

Arrive le premier changement que je ne pu comprendre. Ramsey cédait sa place à Coquelin sur ordre de Wenger. Je m’interrogeais, pourquoi faire un changement alors que tout allait bien malgré une petite frayeur. Être plus défensif ? à quoi bon, nos adversaires sont quasi-inexistant sur leurs phases offensives.

Enfin, lorsque Sanchez rentre, j’ose ne pas l’applaudir. Ne vous inquiétez pas, d’autres l’ont fait à ma place et mon applaudissement ne lui a certainement pas manqué.

Quelque chose d’autre me préoccupe : Sanchez. Wenger le fera-t-il jouer ? A-t-on vraiment besoin de lui sur ce match ? Va-t-il le punir pour sa volonté de partir ?

Mes questions ne resteront pas sans réponses très longtemps. Les deuxièmes changements arrivent. Lacazette sort pour Giroud. Les deux joueurs se font applaudir par l’Emirates. Puis vient le tour de Welbeck. Enfin, lorsque Sanchez rentre, j’ose ne pas l’applaudir. Ne vous inquiétez pas, d’autres l’ont fait à ma place et mon applaudissement ne lui a certainement pas manqué. Le feuilleton Sanchez ne vous intéresse certainement pas, mais il m’a marqué, et j’ai senti que je n’étais pas seul en entendant certains le siffler. Je n’ai pas été jusque là pour notre meilleur joueur de la saison 2016-2017.

Puis quelques occasions ratées. Comme je l’ai déjà dit, je ne m’attarderai pas dessus. L’objectif c’était de gagner et Arsenal a largement atteint cet objectif.

La fin du match approche, tout comme l’heure de départ de mon avion… l’arbitre annonce 3 minutes de temps additionnel, je ne pouvais pas rester jusqu’au bout. J’ai fait quelque chose que j’ai tout le temps critiqué : quitter le stade avant la fin du match. En descendant les escaliers de l’Emirates, j’entends les coups de sifflets de l’arbitre et apprends pas la suite que Sanchez avait fait une bonne action. Le match était terminé, et je n’étais pas assis à ma place pour les applaudir, quelle tristesse !

Mais tout ne s’arrêtait pas là pour moi, il fallait que je prenne la Piccadilly line pour me rendre à l’aéroport et ainsi prendre mon avion !

Finalement, mission réussie ! J’ai pu voir un match d’Arsenal en moins d’une journée. »


Merci à Glunki pour ce formidable récit de Gooner !

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