Récit de Gooner : Younguns à Arsenal – West Bromwich Albion

Jérémy, alias Younguns du forum, s’est rendu pour la 9ème fois à l’Emirates Stadium pour aller supporter les Gunners face à West Bromwich Albion. Ce Gooner de 28 ans, originaire de Bondy, nous raconte son séjour et son match !

“Samedi 23 septembre 6h30 du matin, Paris, gare du Nord.

Que puis-je donc bien faire à une heure aussi matinale dans l’un des endroits les plus repoussants de la capitale ? La raison est simple, disposant de deux jours de congés le lundi et mardi suivant, je m’en vais passer ce long week-end à Londres, ville que j’apprécie particulièrement, pour la chaleur de ses habitants, sa vie culturelle et surtout car le club de mon cœur est domicilié dans cette magnifique cité.

Arrivé a 10h dans la capitale anglaise, je dépose ma valise chez l’amie qui m’héberge pour ce week-end et file accompagné de trois autres amis vers Craven Cottage pour assisté au match de deuxième division anglaise entre Fulham et Middlesbrough. 1-1 score final, mais l’intérêt n’était pas sportif. J’avais toujours souhaité visité ce stade atypique et l’expérience fut inoubliable, contrastant clairement avec la journée de dimanche où je me rends a Wembley pour un match délocalisé à Londres de NFL entre les Ravens de Baltimore et les Jaguars de Jacksonville. Effets pyrotechniques, stade comble, cheerleaders sexy… tout y est, mais je ne retrouve pas l’authenticité de la veille tant le lieu est aseptisé. Ce fut malgré tout un bon moment car en tant que fan de NFL, assisté à un match de cette mythique ligue était un rêve pour moi. 44 à 7 pour la franchise de Floride, un match à sens unique où les Ravens auront joué un rôle similaire au mien, celui de spectateur.

Le lundi, marque le point d’orgue de ce week-end avec pour activité principale d’aller voir un match de MON club : Arsenal. Ma journée débute par un tour dans Londres. Ayant déjà visité la ville à plusieurs reprises (c’est mon 11ème passage dans la capitale anglaise), je me contente de faire un peu de shopping. Direction la boutique Nike d’Oxford Street, où week-end de NFL oblige, les maillots de chaque franchise sont en vente à prix relativement intéressant comparé à un achat en ligne. Je craque pour le maillot du Quaterback de mon équipe fétiche, Matthew Stafford des Lions de Detroit et un pull, puis direction Sport Direct dans lequel je m’offre le débardeur d’entraînement d’Arsenal et un maillot de la Roma, qui servira de cadeau pour les 30 ans de mon meilleur ami. Cette boutique, bien connu de la communauté des fans d’Arsenal, offre des tarifs avantageux sur les équipements d’équipes sportives, et je m’en sors avec une addition d’environ 25% moins élevée que si j’avais effectué mes achats en France.

Le temps file, il est 16h, je me décide à rentrer chez mon amie y déposer mes affaires et me préparer pour aller au match. Je serai seul ce soir à l’Emirates. Mais tant mieux, un match d’Arsenal, est pour moi un moment rare et privilégié, je suis dans ma bulle de supporter et pas vraiment d’excellente compagnie.

Malgré tout, lorsque je m’engouffre dans la bouche de métro de Paddington, l’entrain n’est pas le même que lors de mes précédentes visites. La gestion catastrophique du club avec pour ultime hérésie, la prolongation de notre manager, Arsène Wenger, en fin de saison passée, associée au fait que je ne me reconnaisse pas dans l’équipe actuelle, entre divas aux envies de départ (Ozil, Sanchez), joueurs grassement payés depuis plusieurs saisons pour pas grand chose (Walcott) et futurs cadres au talent plus que contestable (Mustafi, Xhaka, Bellerin), tout cela enlève une part de rêve à l’expérience, et pourtant…

Et là, une sensation bien connu me gagne, celle qui annonce que je vais vibrer pendant 90 minutes pour mon club de cœur.

Sortie de la station de métro Arsenal, je me dirige vers le pub où j’ai mes habitudes d’avant match, le « The Gunners » situé à l’angle de Blackstock Road et d’Elwood street. Et là, une sensation bien connu me gagne, celle qui annonce que je vais vibrer pendant 90 minutes pour mon club de cœur, celui qui prend un part importante de ma vie. Ça y est, la magie revient, j’ai l’impression d’avoir 16 ans et de ramener ma petite copine chez moi, alors que j’en ai 28 et que je vais simplement voir un match de football. Peu importe le nom floqué au dos du maillot, ce qui importe c’est l’écusson brodé devant et c’est uniquement pour lui que je suis là.

Arrivé au Pub, je descends deux pintes de Guiness (la modération les jeunes) et entame la discussion avec des habitués de l’Emirates. Ces derniers partagent une vision proche de celle que j’ai évoquée plus haut et me confie que la ferveur retombe un peu autour du club, que cela soit à l’Emirates ou en déplacement, quelque chose s’est cassé l’an passé.

Après une heure dans le pub, je redescends par Gillespie Road puis Drayton Park et enfin, j’emprunte le Ken Friar’s Bridge où un détail me turlupine, la photo d’un traitre est toujours affiché, celle de Cesc Fabregas…

Après un fouille assez poussée, je passe mon membership dans le portique de sécurité, ça y est, je suis dans l’enceinte. Je suis dans le block 18, rang 2, ce qui m’offre une vue ras du gazon parfaite pour assister au match, je prends ma place rapidement afin d’assister à la fin de l’échauffement. Lorsque le speaker annonce la composition de West Bromwich Albion, je m’aperçois qu’il s’agit d’un petit moment d’histoire de la Premier League puisque c’est le 633ème match de Gareth Barry, faisant de lui le recordman de rencontres disputées en championnat. Bravo à lui, sacrée carrière !

Le temps est quasi idéal pour jouer au foot ce soir, 17 degrés et pas de pluie prévue. Les deux équipes rentrent sur la pelouse et à 20h pile l’arbitre siffle le coup d’envoi.

Le match démarre sur les chapeaux de roues avec un premier coup franc dès la 5ème minute qui passe à quelques centimètre du poteau droit de Foster. Puis c’est au tour de West Brom de se montrer dangereux, après un tacle (idiot) de Mustafi, Jay Rodriguez trouve le poteau le ballon sera ensuite envoyé de manière inexplicable a coté du but vide de Cech par Livermore. West Bromwich joue crânement sa chance et obtient plusieurs occasions dont une sauvée avec hargne sur la ligne par l’impeccable Nacho Monreal. Côté Arsenal, quelques mouvements de classe, mais le tout semble fragile et manque de conviction.

J’exulte de joie. Mes voisins anglais avec qui j’ai sympathisé avant le match me prennent dans les bras, le moment est vraiment cool.

Puis vient le moment que tout l’Emirates attend, suite a un coup franc d’Alexis Sanchez, bien détourné sur la barre par Foster, qui est là, tel un renard des surfaces pour placer sa tête, Alexandre Lacazette ! Ça y est 1-0 pour les Gunners ! J’exulte de joie. Mes voisins anglais avec qui j’ai sympathisé avant le match me prennent dans les bras, le moment est vraiment cool. Détail qui m’a touché, un monsieur d’environ 90 ans placé devant moi qui a dû se faire aider pour descendre les marche jusqu’à sa place, avec beaucoup de difficultés pour arriver a son siège, se lève de manière vivace sur le but. Arsenal donnerait donc des ailes !

Le match se poursuit, et l’équipe a du mal à produire du jeu, c’est donc avec soulagement que le coup de sifflet annonçant la mi-temps retentit. Mes voisins anglais me proposent d’aller boire une bière. J’accepte et nous discutons football, moment entrecoupé de quelques « what you think of Tottenham ? Shiiiiiit » entonnés par d’autres supporters dans les coursives de l’Emirates.

La seconde mi-temps débute. L’équipe semble mieux en place, au contraire des Baggies, beaucoup moins tranchant, notamment en contre-attaque. Ils se feront même avertir plusieurs fois, par manque de lucidité certainement. Puis à la 67eme minute, Ramsey, qui a par ailleurs été énorme sur ce match, déborde côté gauche est stoppé de manière irrégulière par Nyom, penalty ! Alexandre Lacazette, spécialiste de l’exercice ne se fait pas prier pour doublé la mise et son compteur perso ce soir.

Comme à son habitude, Arsène tarde à faire ses remplacements. Ils interviendront à la 83ème minute avec un double changement, Lacazette cède sa place à Giroud et Alexis à Ozil. Les 10 dernières minutes offrent peu de situations chaudes, j’en profite alors pour simplement kiffer le moment, et contempler sous tout les coutures ce stade qui me fait tant rêver.

Un dernier changement avec l’entrée de Maitland-Niles et le coup de sifflet final retentit après 3 minutes d’arrêt de jeu. Je quitte le stade rapidement dans l’espoir d’éviter la cohue aux abords de la station de métro. C’est peine perdu, je patienterai 20 minutes avant de pouvoir arriver sur le quai.

Je rentre sur mon lieu d’hébergement un peu triste car cela marque la fin de ces 4 jours de folies à Londres, mais je me réjouis d’avance d’y revenir début novembre où j’assisterai au match d’Europa League contre l’Étoile rouge de Belgrade.

L’Emirates m’avait manqué, et ce match a simplement été l’occasion de me rendre compte combien j’aime ce club…

Comme indique le magnet qui trône désormais fièrement sur mon frigo « ARSENAL TILL I DIE » !”


Merci à Jérémy pour ce passionnant récit !

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