The BFG – “Je veux avoir un impact sur la vie des jeunes”

Vous l’aurez reconnu. Per, qui sort son autobiographie cette semaine, s’est exprimé au micro du Guardian cette semaine et du journaliste Stuart James pour partager ses impressions en tant que manager d’une Académie qui est amenée à prendre de plus en plus de place. 

C’est à l’occasion de la sortie de son bouquin que le BFG a donné une interview à Stuart James. De quoi évoquer l’écriture du livre, Arsenal sous Unai Emery et la future place des jeunes dans l’équipe première des Gunners. Transcription.

Comment s’est passée cette expérience d’écriture de livre ? 
“C’était un bon exercice de réfléchir à ces 30 ans de football et d’expériences diverses. Parce que je n’étais pas vu comme si talentueux que ça, j’ai toujours du trouver des solutions au fond de moi quand les gens me disaient que je n’étais pas assez bon. Et mon éducation… Mon père était toujours présent à mes côtés, à négocier les contrats et me dire: ‘Non, non, c’est trop” – il refusait de prendre autant d’argent. J’étais très en colère à l’époque mais il me faisait passer des messages qui étaient capitaux pour me faire avancer. Je repense à ces moments et je pense qu’ils ont eu un impact sur moi plus important que je ne le pensais.” 

En quoi ces expériences vous ont-elles construit en tant que personne et joueur ? 
“J’ai connu beaucoup d’aversité, avec les blessures et ce jugement qui disait que je ne percerai pas. Cette façon qu’on eut mes parents de rester sereins pendant ces moments m’a beaucoup aidé. Vous devez vous assurer de ne pas trop le prendre au sérieux à certains moments et cela m’a beaucoup aidé à me reconcentrer afin de saisir ma chance quand elle s’est présentée. Je ne me suis jamais dit: “Ca y est, tu as tout.” C’est la nouvelle génération: prendre, prendre, prendre. Tout est question de leur donner les choses et de les laisser prendre soin d’eux. Non, non, non. Si tu ne fais que penser aux taxis qui t’emmenent et viennent te chercher partout, à l’argent, aux crédits, c’est l’exact opposé du fait de prendre soin de toi.” 

Votre propre histoire a-t-elle eu une importance dans votre travail actuel au sein de l’Académie ? 
“Je veux avoir un impact sur la vie des jeunes et faire partie de leur futur peu importe ce qu’ils font parce que j’ai vu trop de joueurs très talentueux à 15, 16 ans qui n’avaient pourtant que très peu de chances de réussir dans le football. Le football m’a énormément appris. Je veux utiliser ça mais m’assurer qu’ils restent en lien avec la réalité. On ne peut pas revenir 20 ans en arrière. J’ai reçu une éducation totalement différente – celle d’une petite ville d’Allemagne. Maintenant, je suis à Londres et je m’occupe de 180 enfants qui pensent faire partie des 1% de joueurs qui vont réussir à intégrer le monde professionnel et y réussir. Comment je le gère ? En étant moi-même, authentique et honnête. Donc je leur dis: “Tu pourrais faire partie des 1%” C’est dur parce que vous devez faire des jugements. Si quelqu’un l’avait fait quand j’avais 16 ans, j’aurais sans doute été sorti de l’académie de football. Comment vous vous en remettez ? C’est ce que j’essaie de travailler, alors on peut dire: “Il y a une voie pour toi.” Mais si la famille pense que le football est la seule chose que vous pouvez faire dans votre vie, ça devient difficile de gérer cette pression. Parfois, j’ai le sentiment que leur fils peut leur payer leur retraite à Londres. Particulièrement à Londres.”

Votre nouveau rôle est-il ce à quoi vous vous attendiez et quels ont été les défis ? 
“Le nombre de membres de staff que nous avons au sein de l’Académie… Je n’ai jamais rien vu de tel. C’est bien de s’occuper des joueurs mais parfois je suis perdu quand je vois le nombre de personnes qui impactent un enfant – on parle d’une centaine de personnes voire plus. C’est assez lourd. D’un autre côté, vous devez y adhérer et tirer le meilleur de chaque personne de l’Académie.” 

D’où tirez-vous vos profits personnels ?
“Vous voyez les jeunes arriver dans l’équipe première ou dans un autre club, découvrir le monde – c’est le must. Nous ne devrions pas simplement nous concentrer sur ceux qui réussissent. Nous voulons avoir plus d’exemples d’histoires de succès. Que l’un devienne joueur d’Arsenal, ou docteur aux USA, la récompense sera la même pour moi: que nous avons eu un impact positif sur la vie d’un jeune et qu’il puisse revenir et nous dire: “Oui, ceci a fait de moi une meilleure personne.” 

En Angleterre, les gens parlent souvent du manque de chances pour les jeunes joueurs. En quoi la décision de Jadon Sancho d’aller à l’étranger a pu changer le paysage du football dans les Académie anglaises ? 
“Je crois que ça l’a changé. Nous avons ici, des joueurs de l’Académie qui vont dans d’autres pays. Et nous en tirons des choses. Cet été a été très positif pour nous – Alex Iwobi est parti à Everton – un joueur qui s’était installé dans notre équipe première. Xavier Amaechi a signé à Hamburg contre une indemnité et des bonus. Krystian Bielik qui est parti à Derby faisait partie de notre Académie. Jeff Reine-Adélaïde est parti en France parce que nous savions que ce serait bouché pour lui dans l’équipe première. Mais cela crée de la valeur.” 

Qu’est-ce qui doit changer pour faire d’Arsenal une équipe de premier plan à nouveau ?
“Il faut vraiment construire la meilleure connexion possible entre les joueurs et les fans, que chacun sente que c’est ce qu’il y a de mieux pour le club. Une vraie culture de confiance qui tende à ce que chacun croit fermement que nous pouvons retrouver le premier plan. Mais il y a beaucoup d’aspects. Mon but est que nous construisions une Académie de classe mondiale, que chacun soit persuadé que nous permettons aux plus grands talents d’intégrer l’équipe première. Le manager de l’équipe première veut nous faire goûter à la Ligue des Champions à nouveau. Le nouveau directeur technique veut recruter le mieux possible, ce que le club n’a pas vu depuis longtemps. Donc chacun a ses petits objectifs à lui, mais nous voulons tous avoir la confiance et une connexion forte avec les fans et que chacun pense que les gens qui dirigent ce club peuvent réussir.”

Arsenal a-t-il perdu ça ? 
“Bien sûr. Ca se sent. Mais l’énergie est plus positive maintenant qu’elle ne l’a été par le passé. Et cela vient des changements drastiques au club. J’ai toujours senti cette volonté, en tant que joueur, de faire de l’Emirates une forteresse, mais pour reconstruire cette connexion, les joueurs doivent tous adhérer au même discours et à la même philopshie, et les fans suivront à coup sur.” 

Des joueurs comme Reiss Nelson et Joe Willock aident-ils à reconstruire cela avec l’accueil qu’ils reçoivent des fans ? 
“Je suis entièrement d’accord, on sent la confiance dans l’Académie. Je veux construire sur ça et produire les plus gros talents. Voir Joe ainsi est génial. Mais il doit saisir cette chance, tout comme Reiss. Beaucoup de choses positives ont été dites au sujet de l’Académie mais je ne me repose pas sur mes lauriers. Être à nouveau au top demande de la régularité et c’est ce que nous devons produire pendant des années afin de redevenir cette force stable qui ne perdra pas 8 matches – ce n’est pas tolérable. Peut-on vivre une saison où nous perdons 2 ou 3 matches et une petite baisse lors d’un match sur 10 ? Il nous faut une fanbase positive et des joueurs qui vivent et respirent cette volonté de régularité tous les jours.” 

Parlez-nous de Mesut Özil – comment va-t-il et pouquoi vit-il une carrière si mouvementée à Arsenal ? 
“D’abord, il adore le football. Cela n’arrive pas si souvent. C’est un génie. Une fois qu’il a le ballon, en forme, il peut jouer et donner cette passe que personne d’autre n’est capable de donner. Il a une touche magique. Il veut être en bons termes avec tout le monde. Ce n’est pas le genre de mec qui va s’approcher de quelqu’un et lui dire: “Il faut que tu fasses ceci, cela.” Il a un caractère différent et j’ai parfois eu du mal avec ça. Quand j’allais le voir et que je lui disais: “nous ne faisons pas les choses de cette façon ici”, je pensais que ça resterait plus longtemps entre nous. Pour lui, c’était plutôt: “Non, d’accord, je l’accepte, et on avance.” J’étais assez énervé pendant des joueurs et des semaines. Mais il se calme dans ces moments. Je sais comment le prendre et le secouer quand il le faut. Mais cela doit venir de lui s’il veut passer encore un palier. Mais il sait être excellent. Vous en avez été témoin.” 

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